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24/01/2012

Meilleurs voeux pour 2012

L’association Histoire et Civilisation de l’Uzége vous propose de passer l’année 2012 par ce magnifique petit pont médiéval et vous souhaite les meilleurs vœux.

 

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Et comme on le dit en Lengo nostro :

Bona e urosa annada, per tota l'ostalada ! Qu’aquesto annado vous adugue lou bonur, la santa, la joio, l’amour, la soulidarita, la pas et l’amista

A bèn-lèu sus lo blòg

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Le pont Vieux enjambe la rivière des Seynes à hauteur du Grand Mas à Uzès. Cet ouvrage était situé sur la route des Helviens qui reliait la ville de Nîmes à celle d’Alba en Ardèche, en passant par Uzès, via Malaïgue (commune de Blauzac). Cette voie s’est aussi appelée Antonine en hommage à l’empereur qui gouverna Rome de 138 à 161 après Jésus Christ.  

Compte tenu de cette situation, certains auteurs l’ont considéré comme étant d’origine  romaine. Les historiens modernes situent plutôt sa construction durant la période médiévale. Cette hypothèse semble plus réaliste au regard de l’importance des édifications de ponts réalisés dans notre région à cette époque.

Selon Pierre Albert Clément (Les chemins à travers les âges) à l’époque médiévale, ce chemin  portait le nom de chemin des Oules en relation avec le transport des poteries fabriquées dans l’Uzége (Saint Quentin la Poterie, Saint Victor les Oules…)

A fil des siècles, d’autres routes se sont développées et cet ouvrage est tombé dans l’oubli de notre mémoire. Les inondations successives et notamment celles de 2002 l’ont considérablement dégradé. C’est encore un peu de notre patrimoine qui disparait…                                            

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Seynes, pont, vieux

 

14:26 Publié dans Voeux | Lien permanent | Commentaires (1)

08/01/2011

Voeux 2011

Au nom de l’association Histoire et Civilisation de l’Uzége, je souhaite à chaque lecteur que tous les jours de cette année 2011 soient remplis de paix, de santé et de félicité.
Je profite de l'occasion pour remercier toutes les personnes qui s'intéressent aux articles publiés sur ce blog. En 2011, nous continuerons de vous faire connaître, de promouvoir et d'étudier le patrimoine local à travers toute la diversité de ses richesses.

Et comme le dirait Albert Roux, le poète félibre de Sanilhac :
Bono annado, bèn granado e bèn acoumpagnado ! Longo mai !

A. Roux.jpg



A benlèu sus lo blòg
A bientôt sur le blog
Bernard MALZAC

19/04/2010

Lo pin de Nadal - Le sapin de Noël

Gorges du Gardon.jpg

... Dau planasteu onte s'encaissava Gardon - ... Du plateau les gorges du Gardon




Dans la tradition des conteurs occitans de l'Uzège, André Potin nous offre ce texte plein de sensibilité, de poésie amplifiées par la musicalité de la langue occitane.


Avià butat solet sus lo planasteu desert, espossat per lo vent, arrapat ai peiras blancas
Il avait poussé tout seul sur le plateau désert, accroché aux pierres calcaires

mossudas per endrech. grana menuda carrejada aqui per quaqu' agaça raubaira,
que la mousse recouvrait par endroits. Il n'avait d'abord été qu'une graine transportée jusqu'ici par une pie voleuse,

oblidada. Lei sasons avian ritma sa vida ; de côps en idraçant sa rusca e sei agulhas finas,
puis oubliée. Les saisons avaient passé sur lui, tantôt desséchant son écorce et ses fines aiguilles,

Calorassas d'autres côps l'aclapant sota lo pes d'una nèu non costumièra dins aqueu pais.
tantôt l'écrasant sous le poids d'une neige inhabituelle pour le pays.

e freds aviàn pas copat son creis, mas l'aviàn socament arenat, lo forçant de luchar,
Chaleurs et froids n'avaient point arrêté sa croissance mais l'avaient seulement ralentie, l'obligeant à lutter,

corajos e testut. Ara, ben plantat, naut coma un ôma, podià contemplar la vallada en bas
courageux et tenace. Maintenant adolescent, de la hauteur d'un homme, il pouvait contempler la vallée tout au bas

dau planasteu onte s'encaissava Gardon. S'alassava pas de la regarda. Coneissià lo mendre recanton,
du plateau les gorges du Gardon. Il ne se lassait pas de la regarder, connaissant par cœurr.

lei mendres detalhs que s'esclairavan au grand matin e que puei
chaque moindre recoin, chaque colline, chaque maison, qui apparaissaient à ses yeux, tôt le matin, puis

s'avalissiàn a cha pauc dins leis ombras dau clabrun.
se fondaient lentement dans les ombres du soir.

Eriam en decembre. Avià pas fach freg, que de lônga avià regnat de plueja.
Nous étions en décembre. Cette année les pluies avaient duré, repoussant les froids de l'hiver.

Dins la vallada, desempuèi dos mes lei caminieras dau vilatge fumavan. Lei tordres maigrinous
Dans la vallée, depuis longtemps déjà les maisons du village s'étaient mises à fumer. Les tourdres amaigris

èran tornats dei montanhas mai frejas onte la pitança s'amenusava. Aici quauquei gruns
Ici quelques grains étaient arrivés des montagnes plus froides, où la nourriture commençait à se faire rare.

de rasin amoligassits per lei primieras jaladas tremolejavan encara sus lei gavels noseluts e
de raisin, ramollis par les premières gelées matinales, tremblotaient encore, accrochés aux sarments noueux et

desfuelhats. Lei tordres s'en regalavan dins la nebla matinieira ; s'assadolavan en becant
défeuillés. Les tourdres s'en régalaient dans le matin brumeux, picorant jusqu'à s'en rendre saouls

lei grans confits per lo sorelh d'automna.
les baies chargées de sucre.

N'i avià, de côps quei a, campejats per un caçaire, que se veniàn aparar dins sei branquetas
Parfois l'un d'eux, poursuivi par un chasseur venait se poser sur les fines ramures,

ramadas que plegavan sota lo pes.
les faisant ployer sous son poids.

Nôstre pin leis aimava aquelei visitaires de passatge e envejava de devenir pron grand
Notre arbre les aimait ces visiteurs de passage et il rêvait de devenir un jour suffisamment grand

e fôrt un jorn per lei mielh aculhir. Coneissià sei quilats , devinava seis esfralhs sens poder
et fort pour mieux les accueillir. Il connaissait leurs cris, il devinait leurs troubles, sans pouvoir

i parlar coma l'aurià vougut.
leur parler comme il l'aurait voulu.

L'ôme s'aprochèt una matinada mai grisa que leis autras . Lo veiguèt veritablament ,
C'est par une matinée plus froide que les autres que l'homme s'approcha. Il ne le vit vraiment,

sortent de la nebla, quora fuguèt sus eu. Dins lo moviment que faguèt veguèt lusir la lama
émergeant de la brume, que quand il fut sur lui. Au mouvement qu'il fit il vit briller la lame

que l'ôme brandissià.
que l'homme brandissait.

Lo tust dau talhador lo faguèt trantalhar ; tombèt un cort revès d'agulhas finas ;
Le choc du couperet l'ébranla tout entier, répandant tout autour une brève pluie d'aiguilles,

dins la terra lei racinetas s'espeteran.
brisant net dans le sol les fines radicelles.

L'ôme picava totjorn. La susor perlejava sus son front rabinat.
L'homme frappait toujours. Sur son front brun perlaient les gouttes de sueur.

A cada côp mandava un bofe rau que cadançava l'esfôrt.
Il accompagnait chaque coup d'un souffle rauque, bruyant, qui cadençait l'effort.

Vite, en bas dau tôs la plaga se duerbissià, esclatant en estelons lusents, banhats de saba.
Rapidement, au bas du tronc, la plaie s'élargissait éclatant en fibres brillantes mouillées de sève.

I aguèt lèu pus qu'un fin moceu de rusca per religar l'aubre e si rasigas.
Bientôt l'arbre ne fut plus relié à ses racines que par un fin morceau d'écorce.

Doçamenet se clinàt , puèi dins un fible cracinament se cochèt au sôu.
Lentement il s'inclina puis dans un craquement se coucha sur le sol.

Moriguèt pas sus lo côp ...
Il ne mourut pas tout de suite...

Aguèt encara lo temps, carrejat au vilatge, lo monhon de son pè enfonçat dins un ferradàs
Il eut encore le temps, transporté au village, le moignon de son pied enfoncé dans un lourd seau

de terra, enguirlandat de lumets, de veire lusir la jôia dins leis uèlhs deis enfantons,
de terre, couvert de beaux atours et de lumières, de voir la joie briller dans les yeux des enfants,

insensibles à son trepàs.
insensibles à son trépas.

Texte et traduction d'André Potin


Meilleurs voeux pour l'année 2009

Bono annado, bèn granado, bèn acoumpagnado
Bòna annada, ben granada e ben acompanhada
Bonne année, bien prospère, et bien accompagnée



Au nom du Conseil d'administration d'Histoire et Civilisation de l'Uzége, j'adresse nos meilleurs voeux pour cette année 2009, qu'elle apporte à chaque lecteur santé, sérénité et solidarité (liste non exhaustive).
Pour illustrer cette année 2009, j'ai choisi ce poème publié par Albert Roux, il y a 100 ans. Certes, les préoccupations de l'auteur nous paraissent bien lointaines, mais son interrogation sur le devenir reste éternelle : ...l’aveni ; De que sera ?....

Albert Roux Médaillon.jpg

1909 (1)

Déjà traùco l’aùbo e fai pinchoun ;
Es jouino e ben pourtanto,
A la coulour fresco, bono façoun,
Es l’aveni que nous encanto.

Es l’aveni ; De que sera ?
Es l’esperenço ; mai, belèu,
Tout ensemblo foudra’ntera :
Aqueli dous mot soun trop bèu !

A ! de segu, s’ere lou mestre,
Ou dise doù foun doù cur :
Des-es-noù cent noù, qu’anan estre,
Seriè l’annado : BONUR ! (2)

Bonur per lou Gard à Paris. (3)
Aquel journal tant sincère,
Tant pouli e tant plasen,
Souhaite que toujour prouspere
E dure
La vido de Matieù Salem ! (4)

ALBERT ROUX
De Sanilha dou Gard

1909

L'aube fait son apparition.
Elle est jeune, elle est bien portante,
Fraîches couleurs, bonne façon,
Elle est l'avenir qui enchante.

Elle est l'avenir ; qu'en penser ?
Elle est l'espérance ; qui sait
S'il ne faudra pas enterrer
Ensemble ces deux mots trop gais ?

Ah, certes, si j'étais le maître,
Je le dis du fond de mon cœur,
L'an mil-neuf cent neuf qui va naître
Serait nommé l'année BONHEUR !

Bonheur pour le Gard à Paris,
Ce journal tellement sincère,
Si agréable et si joli,
Je souhaite que toujours prospère,
Il vive
Aussi vieux que Mathieu Salem !

(1) Ce poème est une adaptation de celui qui est paru dans la revue « Le Gard à Paris » le 1er janvier 1906. Cette variante a été présentée dans le « Journal d’Uzès » en janvier 1909. La version 1905 – 1906 a été publiée dans « Lou Parage d’Usès/ Le pays d’Uzès » (B. Malzac – J.B Vazeille Lucie Editions 2007)

(2) L’année 1909 sera effectivement une période de bonheur pour Albert Roux :

=> Par arrêté du 20 janvier 1909, il a été promu officier de l’Instruction publique. Cette distinction créée en 1808 était destinée au personnel de ce qui est devenu l’Education Nationale. En 1850 (décret du 9 décembre), la décoration devient indépendante du grade universitaire, le titre d’Officier de l’Instruction Publique remplace celui d’Officier de l’université. Sous le second empire, le décret du 27 décembre 1866 étendit l’attribution des Palmes aux savants, aux littérateurs ainsi qu’aux personnes ayant bien mérité de l’Instruction publique.
Le dossier transmis au Ministère par la Sous-préfet d’ Uzès nous donne des indications sur cette promotion :
Fonctions actuelles
- Poète - conférencier
Fonctions qu’il a remplies antérieurement
- Membre correspondant de l’Académie de Nîmes
- Lauréat des jeux floraux du Languedoc
- Auteur de divers petits fascicules et de conférences.
L’annonce de cette distinction fut faite lors de la séance de l’Académie de Nîmes du 6 février 1909.
=> Autre motif de satisfaction, la création du Muséon Uzétien dont il fut l’initiateur et la cheville ouvrière. Tout comme Frédéric Mistral à Arles (Muséum Arlaten), Albert Roux souhaitait que la ville d’Uzès possède un musée où seront exposés tous les objets qui ont fait l’histoire et la vie de l’Uzège. Dans un article du journal d’Uzès de mai 1909, il décrit ce que devrait être ce futur musée : « …Aquel muséon sera lou recate de tout aqueli poulido caouso que soun nascudo e que soun estade sensa l’estampia de nosti gous, de noste biaï, de noste caratèro, de nosti usage… »
« …Ce musée sera le lieu de recueil de toutes ces jolies choses qui sont nés et qui sont sensées garder l'image de nos goûts, de notre savoir faire, de nos coutumes… »

(3) La revue mensuelle « Le Gard à Paris » créée en 1905, est l’organe officiel de l’Association les Enfants du Gard, association Amicale, Philanthropique, Littéraire et Artistique qui regroupe les gardois exilés dans la capitale. Alfred Longuet, originaire de Vers Pont du Gard en fut le président pendant de nombreuses années. Albert Roux collabora dès sa création par l’envoi de textes ou de poèmes.

Numériser0001.jpg


(4) Le nom de Mathieu Salem est une interprétation de Mathusalem. Ce personnage est mentionné dans l’ancien testament (chapitre 5, verset 27 de la Genèse) sous le nom de Metuschélah :
« Tous les jours de Metuschélah furent de neuf cent soixante-neuf ans ; puis il mourut. » Son nom est devenu synonyme de longévité.