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19/04/2010

Vallérargues, un village de l'Uzége

Histoire et visite de Vallérargues.

Par sa taille et la modestie de son architecture, le village de Vallérargues n'attire pas l'attention au premier abord. Il apparaît comme un village pauvre au cœur de garrigues, soumis à un climat contrasté où les rigueurs de l’hiver suivent une forte sécheresse estivale que renforce l'effet du mistral. Pourtant, c'est dans ce milieu ingrat qu'une communauté rurale a pu se maintenir au cours des siècles et se construire un cadre de vie, tel que nous pouvons le découvrir aujourd'hui.

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Le coeur du village et la Clastre







Pour évoquer l’histoire de Vallérargues et la confronter avec les signes que nous livrent ses rues et ses vielles pierres, il faut le recours des archives communales et notariales, tant des pans de son histoire sont aujourd'hui tombés dans l'oubli.

L'occupation humaine est certainement ancienne et des indices d'un enclos fortifié existent sur un éperon à l'ouest du village. Le bois des Oules éveille l'imagination populaire de trésors enfouis dans des jarres. Des fragments de tégulae jonchent le sol en de nombreux endroits et semblent indiquer un défrichement important de cette vallée entièrement enclavée dans un écrin de garrigues, dés la période gallo-romaine. Le modèle économique mis en place alors est un système ternaire (1) associant les ressources naturelles du terroir : l'ager, le sylvus, le patus (2). Ce modèle de production où l'agriculture et l'élevage du mouton se complètent avec l'exploitation des bois, restera en vigueur jusqu'au début de ce siècle.

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La plaine de Vallérargues dominée par le Mont Bouquet






Le terroir de la commune de Vallérargues occupe une superficie de 1247 ha, constitué de deux tiers de garrigues et d'un tiers de champs situés dans une vallée incisée dans les marnes du barrémien inférieur (3), allongée d'est en ouest. Cette vallée est formée par la réunion de deux bassins hydrographiques, l'Aiguillon à l'ouest qui rejoint Lussan à travers une gorge et le ruisseau de Vals qui se dirige à l'est vers Audabiac et Verfeuil. Ces ruisseaux sont temporaires et la seule source pérenne, au lieu dit des Fontaines au sud du village, ne sera captée pour le village qu'au 19è siècle.
Le village lui-même est situé sur une barre rocheuse saillante au milieu des marnes, lui donnant une position légèrement surélevée.
Les marnes sont des sols ingrats qui ont la propriété de former des marécages lors des pluies, et de durcir comme la pierre sous l'ardeur du soleil. Obtenir des récoltes a représenté un dur combat mené à la force des bras avec le seul appui de l'araire et d'une paire de bœuf. Au mieux le cultivateur pouvait retirer trois grains pour un grain semé, dans un champ amendé par le pacage des troupeaux dans les chaumes. Le blé tozelle, l'avoine et l'orge étaient les principales céréales semées. La vigne et le chanvre avaient aussi leur place et l'olivier trop gélif n'a jamais été cultivé.
De l'existence de cette vallée, pourrait-on voir l'origine du toponyme de Vallérargues que l'historien d'Albiousse fait dériver de « Vallius Ager » nom d'une famille prétorienne romaine, les Vallius.
Notons seulement que les premiers documents médiévaux parlent de Planis de Valeranicis puis de Valle Ayranica, ce qui pourrait évoquer à la fois une topographie : une vallée, et éventuellement un trait climatique : un vent puissant. Mais cette suggestion va à l'encontre de l'explication admise des toponymes en « argue ». Ces premiers documents écrits sont des reconnaissances de fiefs par des vassaux du seigneur Evêque d'Uzès. L'une d'elle, datée de 1375, est rédigée par le notaire de Raymond de Barjac en son château de Vallérargues dans la maison des Draussini (les Daroussin, seront des agriculteurs jusqu'au siècle dernier et l'on suit leurs ancêtres jusqu'en 1308 grâce aux reconnaissances féodales qui fixaient le montant des redevances des terres). Ce Daroussin, comme les autres agriculteurs du fief, exploitait en acapte (4) les terres du seigneur et de même que le seigneur devait se reconnaître comme vassal, les tenants des terres devaient reconnaître devant notaire l'origine du bien qu'ils exploitaient en bail emphytéotique soumis à des droits, à chaque succession ou vente de biens. Les notaires ayant besoin de rédiger leurs actes devant témoins même illettrés, la présence d'un habitant du village est logique.
Ce document soulève une question : a t'il existé ici un château, et si oui pourquoi le notaire écrit chez un particulier ? Si Hugues de Laudun, seigneur de Montfaucon, reconnaît encore le château de Vallérargues en 1462, nous n'entendons plus parler de celui-ci par la suite. Ajoutons que ce n'est qu'une possession parmi des dizaines d'autres et on peut imaginer que ce seigneur n'y a guère mis les pieds, comme probablement les autres seigneurs de Vallérargues par la suite. La visite de terrain nous apporte t'elle un renseignement ? Lorsque l'on visite le village, on finit par butter sur le point haut du village, au lieu dit la Clastre, c'est à dire la maison ecclésiastique. Or ce point haut semble avoir réuni les deux fonctions seigneuriales et ecclésiastiques.

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La Clastre, traces d'un ancien château ?









La maison construite en 1812 sur cet emplacement, s'appuie sur un mur ouest, dont la base paraît être un appareil soigneux en moellons bien jointés. Plus curieux encore, un demi arc de voute cintré est visible à 4 ou 5 mètres du sol. Il pourrait s'agir là d'un pan de mur d'une ancienne tour féodale. L'existence d'un puits derrière ce mur serait un indice en faveur d'un lieu retranché.
On sait que les occasions de détruire les châteaux n'ont pas manqué au XIV et XVe siècles, où ont sévis tour à tour les Tuchins puis les Routiers, mais de son existence, le village ancien aurait hérité son plan d'urbanisation primitif.
Adossées au pied de cette tour, les maisons se sont construites au midi, autour d'une rue principale en arc de cercle nommée aujourd'hui la rue Tordue et la rue de l'Arc du Four. Cet aspect défensif est bien visible sur les façades aveugles côté nord du village, formant comme une muraille.

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Rue tordue








Dans la partie sud, les maisons donnant sur cette rue devaient présenter le même aspect, mais depuis longtemps le village s'était agrandi d'une nouvelle rangée de maisons donnant sur la grand’ rue actuelle. Malgré ce, il était encore possible au XVIIIe siècle de contrôler complètement l'accès du village, au moyen de deux portes en bois placées aux extrémités de la rue, l'une au levant devant le cabaret du village, l'autre sur la placette qui formait l'entrée nord du village et qui a conservé le nom de l'époque « En Place ». ce dispositif était activé, en période d'insécurité lors des guerres de Rohan et chaque fois qu'une épidémie de peste sévissait. Le village était alors en quarantaine et personne ne pouvait sortir ou entrer, ce fut encore le cas en 1721 et 1722.

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En Place : entrée Nord du village







Le parcours de cette première rue étroite, la rue principale de l'époque, nous renseigne sur le type d'habitat utilisé. Les maisons sont construites sur une base de 4 à 5 cannes (16 à 20 m2) occupée par une cave voûtée, construite en voûte simple, ou en double voûte appuyée sur 4 piliers d'angles, l'intersection formant des arêtes croisées. Le dessus de la voûte est surmonté par un étage et un grenier. En général, les maisons ont aussi une petite cour comprenant cazal (5) et autres bâtiments agricoles. L'étage, joint par un escalier extérieur est parfois agrémenté d'une galerie extérieure surmontée d'un auvent. Cette description se retrouve dans le compoix de 1591, le seul document détaillé du village de l'ancien régime, qui révèle qu'il occupait déjà le même espace qu'aujourd'hui à l'exception des maisons au sud de la grand’ rue actuelle. La population était alors composée de 94 familles. En général les caves de ces maisons ont résisté au temps car les parements sont épais. Par contre, les murs extérieurs utilisent de gros moellons naturels arrondis d'une pierre marneuse bleutée d'origine locale (calcaire hauterivien et barrémien inférieur) qui résistent très mal au gel et au temps. Joints avec une chaux de mauvaise qualité, les murs se déforment et s'écroulent facilement. Aussi les façades actuelles sont au mieux des reconstructions du XVIIIe siècle. Ces maisons étaient adaptées au mode vie de l'époque. Il fallait loger la famille à l'étage, héberger les animaux, ce qui signifie 35 paires de bœufs ou de chevaux pour le village, un cochon par famille, quelques chèvres, des centaines de moutons et sans doute une basse-cour.

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Rez de chaussée voûté avec cuisine et cheminée






Pour faire cohabiter cette population, il fallait une organisation communale solide et c' était le rôle du Conseil général qui regroupait les principaux habitants et élisait annuellement deux consuls modernes pour les représenter, assistés de conseillers qui comprenaient les consuls vieux de l'année précédente. Ces consuls devaient prêter serment au représentant du seigneur, le lieutenant de juge (6). Cette fonction a été assurée par la même famille Grasset qui apparaît au compoix de 1591 jusqu'à la Révolution française et qui continuera à exercer des fonctions communales jusqu'au XXe siècle. Les consuls avaient la lourde tâche de répartir l'impôt, de faire les appels d'offre pour la levée de cet impôt, de présenter les comptes dont ils étaient financièrement garants devant l'Intendant du Languedoc, de publier les bans des vendanges, de régler les dates de vaine pâture (7) et de glanage, de mettre les bois en défense, de nommer annuellement un fournier, un garde cochon, un garde terre. Ils avaient en charge l'entretien du four commun, des deux puits de la communauté situés aux portes du village. (Ces puits ont fait l'objet d'une restauration récente dans le cadre de la mise en valeur du petit patrimoine.)

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Puits de Font Bauzelle ou du Vaouré







Les consuls devaient en plus entretenir le presbytère et l'église du village, le temple lorsque celui-ci a existé, de 1619 à 1668. Il y avait aussi un Régent des petites écoles. C'était beaucoup de charges qui s'ajoutaient à l'impôt royal et à la dîme et pour faire face, les consuls mettaient aux enchères, les herbes, les pâturages de la communauté, les coupes de bois. Les consuls appuyaient leur action sur les statuts de la communauté rédigés dans des temps très anciens et l'original s'étant perdu, ils se sont empressés de les rédiger à nouveau en 1610, car la noblesse n'avait de cesse de reconquérir les droits acquis. Un enjeu important était les pâtures communales que la communauté dut racheter au XVIIe siècle à prix d'or, s'endettant pour des générations, en plus d'une albergue annuelle (8). Il est aussi précisé dans ces statuts que les réunions se tiennent dans le four commun. Cet espace à l'entrée de la rue de l'arc du Four, était au cœur du village et les consuls avaient fait construire une voute qui devait occuper le croisement des rues et en 1720 ils firent construire une salle de classe au dessus de celle-ci. Il n'a rien subsisté de ce local et seuls les anciens du village se souviennent des ruines du four. C'est aussi à cet emplacement que les consuls avaient fait construire le temple qui servit aussi de lieu de délibérations.

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Emplacement du Four communal







Le mode d'élection des consuls mérite que l'on s'y attarde. Chaque consul sortant désignait 3 personnes de son choix, ensuite un tirage au sort était fait. Des bouts de papier étaient mis dans un chapeau puis remués et un petit garçon les distribuaient aux personnes désignées. Celles qui avaient la lettre C sur leur papier étaient désignées pour occuper la charge de consul et le conseil entérinait ce choix. Ce mode d'élection se compliquera lorsque Louis XIV s'attaquera au rôle des protestants dans la vie publique et imposera un nombre égal de protestants et de catholiques dans les assemblées, avec interdiction pour les protestants d'occuper la charge de premier consul. Or les catholiques ne représentaient que quelques familles notoirement insolvables et les affaires de la communauté en pâtirent. Vers 1690, Louis XIV créa une charge de maire perpétuel qui fut exercée par le seigneur de Vallérargues, Sibert de Cornillon, également maire de Bagnols sur Cèze où il résidait, ville où les consuls durent alors se rendre pour prêter serment à la suite de leur élection.
De toute façon, ce n'était que le prélude d'une politique de reconversion forcée dont les excès se traduisirent par l'affaire de Vallérargues, suivie par la guerre des camisards. L'aspect le plus connu est celui des abjurations obtenues sous la menace des régiments de dragons installés dans les familles protestantes. Humiliée et surveillée de près par le Prieur, la population s'agitait, travaillée par un phénomène nouveau, le prophétisme. En mai 1701, des incidents avaient déjà eu lieu au cabaret et le Prieur était intervenu pour dissiper les rassemblements. Sur ce, lors de la visite du prieur de Lussan, celui-ci, accompagné d'un lieutenant de juge, tombe sur un jeune berger à genoux qui l'apostrophe. Certain de tenir un de ces fanatiques, ils s'en emparent et le font prisonnier dans la maison du Prieur de Vallérargues, le sieur André Cousin. Pour le faire traduire à la cour de justice d'Uzès, il faut un papier officiel et les prieurs se rendent chez le notaire Bouton qui habite à côté, près du Four, pour obtenir ce document. Là, ils tombent sur le fils du notaire, Jacques Bouton, qui les traite d'idolâtres. En même temps, avertie des évènements la population se déchaîne, saccage l'église et le presbytère, libère le berger et met en fuite les prieurs qui n'ont de cesse d'alerter la milice de St Quentin. Elle rétablit l'ordre et s'empare de trois individus, Jacques Bouton, Jacques Olympe, Jérôme Serre. Le procès se conclut par la mise à mort sur la roue pour le premier, par pendaison pour le second et les galères pour le troisième. Le supplice se déroule sur la place aux Herbes d'Uzès selon un cérémonial rapporté en détail par un témoin. Pour payer les frais du procès, la récolte des condamnés est ensuite vendue aux enchères sur le marché d'Uzès. Ce qui voulait être un exemple, sera aussi un détonateur de la guerre des camisards, dont le principal refuge sera le Mont Bouquet. Pour empêcher leur ravitaillement, la population de Vallérargues sera déplacée à Lussan pendant l'année 1703. Dans une de ses incursions, Cavalier et sa troupe viendront brûler l'église.
Revenons au personnage du Prieur, il a rang de seigneur, perçoit les revenus de la dîme et arrente les biens du fief ecclésiastique qui se composent de plusieurs hectares. Il rétribue un curé pour dire la messe et sa fonction principale paraît la gestion de ses revenus qui sont plus importants que l'impôt royal, 2 000 L en 1789. D'ailleurs, le bénéfice du prieuré de Saint Christophe est une charge lucrative, pour laquelle le postulant doit obtenir une bulle du pape qu'il présente à l'Evêque d'Uzès, qui lui remet à son tour un titre, le « Format Dignum » (9). le futur prieur prend ensuite possession du prieuré, accompagné d'un notaire et des consuls qui l'intronisent dans sa charge et bénéfices afférents, après vérification des documents et un rituel liturgique dans l'église, suivi d'une visite des lieux et essai des cloches. Le Prieur Cousin semble avoir agi en seigneur tyrannique : il exige des consuls de refaire sa grange pour recueillir sa récolte car il la juge en mauvais état, il fait louer une maison lorsqu'il juge le presbytère vétuste, fait déplacer le cimetière pour agrandir son jardin. Il exige les réparations à l'église et sa reconstruction lorsque la voute s'effondrera en 1690. Enfin après les dégâts causés par les camisards, et les dragons en vigie sur le toit, les consuls seront sommés de faire les travaux de remise en état. Au besoin, le prieur saisira la justice pour faire exécuter ses ordres et condamner la communauté.
Cette église Saint Christophe avait pris la place d'une chapelle St André mentionnée au XIVe. Elle existe toujours, mais est devenue un bien privé après quelques dernières vicissitudes. Elle fut vendue en bien national à la Révolution et rachetée par les principaux habitants du village réunis en syndicat pour en faire un temple. On sait que le pasteur Simon Lombard y a prêché en 1792, mais pour une raison indéterminée, le bâtiment sera privatisé et le propriétaire construira en 1812, la maison actuelle qui la masque entièrement. L'église est une construction simple d'environ 15m sur 6m de large, composée d'une abside en cul de four et d'une nef voutée. Un arc de voute en pierres joint les deux parties. Son ouverture orientée à l'ouest ne donne pas sur la voie publique, mais sur ce qui semble être la tour médiévale évoquée précédemment. Elle est aujourd'hui délabrée et menace ruine. Un clocher existait aussi.


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Tour de l'horloge









En tournant le dos à la Clastre, on voit au bas de la rue en pente donnant sur la grand’ rue, la tour d'une horloge. Ce monument a été édifié sous le mandat de Grasset maire et construit par l'architecte Chastanier, suivant un modèle que l'on retrouve dans plusieurs villages de l'Uzège, il date de 1891. Il porte un cadran d’horloge dont le mécanisme d'origine actionne une cloche encore en service, placée sur la plateforme supérieure dans une cage métallique pyramidale en fer forgé. La municipalité lui a rendu son cachet d'antan, par une réhabilitation réussie avec un crépi sable et un éclairage rasant qui lui assure une présence nocturne.
Cette construction témoigne de la prospérité relative du XIXe siècle, obtenue grâce à l'élevage du vers à soie.

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Rue principale et ancienne magnanerie







A cette époque le village s'agrandit le long de la grand’ rue et les maisons se rehaussent de vastes pièces qui sont des magnaneries. De petites fenêtres sans châssis et régulièrement espacées apportent la lumière et l'aération nécessaire à l'éducation des vers à soie. A proximité et un peu partout au bord des chemins les mûriers encore présents témoignent de l'importance de cette activité.
Le lavoir construit aussi dans cette période apporte pour la première fois un élément de confort. Pour cela, l'eau captée au lieu « des fontaines » est acheminée par une conduite à la fontaine du Lion dont la gueule de fonte crache le liquide dans un canal en pierre conduisant au lavoir et à une borne fontaine dans le village avant que la déviation de la route ne coupe ce dernier branchement. Il faudra encore attendre un siècle pour amener l'eau courante dans les maisons du village.

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Le lavoir alimenté par la fontaine du Lion






A l'ouest du village se dresse aussi une belle demeure avec son parc et une ferme attenante. On l'appelle le château et elle fut construite après 1850 par une famille aisée d'Uzès, originaire de Vallérargues, les Serre. Il faudra attendre 1907 pour inaugurer le nouveau temple de construction sobre et de forme rectangulaire de 10m sur 6m. Il prend le jour par 4 fenêtres en arc d'ogive hautes placées et la porte d'entrée est aussi ogivale. Au dessus on peut lire « L'évangile est la puissance de Dieu pour le salut de tout croyant ». A l'intérieur une plaque rappelle que le temple fut construit grâce à des dons particuliers et aux démarches du pasteur Arthur Lafont. Ce fut le premier temple bâti sous le régime de la séparation. Il appartient au Synode régional.

2007 Centenaire de la construction du temple
Le village actuel reflète l'évolution de la société. Il reste seulement 4 ou 5 familles d'agriculteurs et de nombreuses maisons anciennes se sont vendues à des étrangers qui apprécient le caractère de la région.

Le foyer et la mairie
Avec la proximité du bassin d'emploi des villes environnantes, une population jeune s'est aussi installée dans des villas neuves.
Cela contribue à donner une nouvelle dynamique dont témoignent les restaurations du patrimoine communal et les projets de mise en valeur à venir embelliront encore le village.

Texte et photos de Michel RAULET


(1) Composé ou formé de trois éléments

(2) Le patus désigne un ensemble de biens indivisibles, destinés à un usage commun.

(3) Barrémien - Hauterivien : deux étages géologiques des garrigues du Mont Bouquet, issus de sédiments calcaires déposés en bordure d'un océan qui couvrait la région vers 110 millions d'années.

(4) Droit dont le tenancier s'acquitte pour occuper une terre détenue en bail emphytéotique.

(5) Masure ou vieille maison servant parfois de remise. Quand il s'agit d'une maison en ruines, il est précisé "cazal en ruine".

(6) Le lieutenant de juge ou de justice. Adjoint du juge, qui le remplace le cas échéant dans ses fonctions.

(7) Droit accordé aux habitants de la paroisse de faire paître leurs animaux sur les communaux ou sur les parcelles en jachère ou sur les parcelles cultivées, une fois la moisson faite.

(8) Droit du seigneur de loger avec un certain nombre de chevaliers ou autres gens de sa suite dans les maisons du village de son domaine. Au XIIIème siècle, ce droit se changea en tribut ou cens annuel que payait le vassal à son seigneur et l'on disait payer l'albergue (ou alberge) pour 10, 20..etc chevaliers.

(9) Titre d'habilitation délivré et signé par l'évêque à son prieur. Le concile de Trente entériné par l'ordonnance de Blois et le décret de Melun a imposé que les postulants à un bénéfice ecclésiastique recevant le "Dignum", document signé par la cour du pape, passent un examen de capacité devant l'évêque qui après s'être assuré des qualités morales et compétences du postulant délivre un visa détaillant la conformité de la démarche et de son objet, c'est le " Format Dignum". C’est donc un document de capacité ou visa.


Commentaires : B. Malzac et M. Raulet

Bulletin n° 112

Le numéro 112 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début octobre 2009.


En voici le sommaire :
- Le mot du Président qui annonce l'AG prévue en novembre 2009 qui sera suivie d'une conférence sur le thème :"5000 ans de lumière" présentée par notre adhérent William Antoine Corfü

- Mythes et réalités dans l'histoire de l'Uzège par Albert Ratz (1ère partie): la présence des Sarrazins dans l'histoire de notre région est elle une réminiscence de notre inconscient collectif ou bien une réalité comme le laisse supposer les différentes dénominations de lieux ou monuments en référence aux Sarrazins ?

- Histoire et visite de Vallérargues par Michel Raulet : une sortie du mois d'avril 2009 où les adhérents ont parcouru l'histoire de ce village du Grand Lussan sous la conduite de l'érudit local dont vous aurez plaisir de lire l'article prochainement sur ce blog.

Les épouvantails par Christiane Chabert : un clin d'œil sur ces mannequins de paille qui disparaissent peu à peu de nos paysages.


Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €