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19/04/2010

Saint Hippolyte de Montaigu en Uzège

Après avoir fait éditer « Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès », de Jean Bernard Vazeille et Bernard Malzac, « Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave » d’Albert Ratz, Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une nouvelle publication de Georges FABRICIUS intitulée Saint Hippolyte de Montaigu en Uzège:

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Ce livre nous raconte l’évolution de Saint-Hippolyte-de-Montaigu dès ses débuts moyenâgeux jusqu’à nos jours. Saint-Hippolyte-de- Montaigu, le plus petit village de l’Uzège, est en effet riche de dix siècles d’histoire.
Avec talent, ce récit évoque l’histoire de la paroisse, des bâtiments aux trésors parfois cachés, des grandes personnalités locales et des faits divers qui, en somme, constituent l'âme de ce charmant village au pied du Montaigu.
À travers des documents historiques et des interviews avec les anciens du village, on y retrouve l’atmosphère si particulière de notre campagne languedocienne.
L’auteur, habitant du village, est un passionné de la recherche historique.

Ce livre est édité par LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine. www.lucie-editions.com/

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BON DE COMMANDE


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Nombre d’exemplaires : ............ X 17 euros + frais d’envoi


Pour toute commande, écrivez à : georges.fabricius@wanadoo.fr ou à l'adresse du blog

Patrimoine rural : une visite de Saint-Hippolyte-de-Montaigu

Dimanche 28 septembre 2008, la sortie de H.C.U. à a été une première. Dans le passé, les (rares) excursions dans le plus petit village de l'Uzège (env. 220 hab.) s'étaient principalement contentées d'une visite de son église romane dont notamment l'abside présente quelques intéressants aspects d'histoire architecturale. Mais, jusqu'ici, en l'absence d'une documentation cohérente, aucune visite complète du village n'avait encore été entreprise.

Georges Fabricius, habitant du village et adhérent de H.C.U., a relevé le défi et a mené des recherches historiques approfondies sur Saint-Hippolyte-de-Montaigu qui paraîtront prochainement en forme de livre (avec le soutien de H.C.U.). Tout naturellement, H.C.U. a demandé à M. Fabricius d'organiser et d'animer une première visite intégrale du village.

Au départ du parking derrière la nouvelle mairie où on s'était rassemblé, le groupe d'une vingtaine de passionnés d'histoire a exploré le village. La paroisse et le village de Saint-Hippolyte-de-Montaigu sont en effet riches de dix siècles d'histoire.

Le ruisseau qui traverse le village, est aujourd'hui enjambé par le pont de la R.D. 982. En contrebas de celui-ci se trouve l'ancien passage à gué, un élément d'importance pour comprendre l'évolution du vieux centre-village : dans les temps peu sûrs, jusqu'à la fin du 17e siècle, son noyau historique fut en effet entièrement entouré d'un mur d'enceinte dont nous avons encore pu repérer quelques parties restantes en haut du passage à gué. Le village même n'était accessible que par deux portes, dont l'une à l'ouest (côté Uzès), l'autre à l'est (côté Bagnols). Le trafic de transit devait contourner le village au sud ; puis traverser, au passage à gué, le ruisseau qui, dans ces temps-là, avait le triple de son débit d'aujourd'hui ; pour ensuite regagner l'ancien "chemin des diligences" direction Bagnols-sur-Cèze. Ainsi, le village ne prévoyait pas de traversée rectiligne à l'intérieur de son enceinte. Par conséquent, les travaux sur la départementale dans l'agglomération furent un défi majeur, qui se terminait par l'achèvement du pont routier en 1762.

Un des buts de la visite ayant été de faire revivre la vie rurale d'antan, le tour comportait de nombreuses entrées dans des terrains privés, avec l'aimable autorisation des propriétaires.

La première halte fut au bâtiment de l'ancienne mairie, construit en 1880, et qui abritait également l'école communale de 1880 jusqu'en juillet 1961. S'il n'est pas inhabituel dans les petits villages de voir mairie et école communale dans un même bâtiment (de nos jours, on peut toujours voir cela à Flaux), la particularité de Saint-Hippolyte-de-Montaigu était que les deux se partageaient une même salle ! Elle était seulement divisée par une demi-cloison, peut-être pour permettre d'avoir un chauffage en commun. En entrant, à gauche, se trouvait la salle de classe avec les bancs des écoliers et le bureau de l'institutrice ; de l'autre côté de la demi-cloison, mais accessible par une entrée séparée à droite, se trouvait le local de mairie. Le premier étage comprenait le logement de l'institutrice ; l'agencement original du bâtiment présentait ainsi la particularité d'avoir une belle cheminée en pierre au premier étage mais aucune au rez-de-chaussée. La salle de classe / salle de mairie au rez-de-chaussée fut chauffée par un poêle en fonte rond qui se trouvait du côté de la salle de classe ; tous les matins, deux écoliers étaient chargés, à tour de rôle, d'allumer le poêle. Le tarif de l'éducation, au 19e siècle, était de 2 Frs par écolier ; et en hiver, ceux-ci devaient apporter des bûches de bois pour chauffer la classe.

De l'autre côté du pont déjà mentionné, se trouvait ce que M. Fabricius appelait en plaisantant "Saint-Hippolyte la commerçante". En effet, jusque dans les années 1930, tous les commerces si typiques de nos villages d'antan étaient présents : nous voyions ainsi l'ancienne forge ; le site de l'ancienne boulangerie/épicerie avec bureau de tabac ; et les deux anciens cafés, jadis véritables centres de la vie sociale villageoise. Ensuite, la cerise sur le gâteau : la visite de la ferme Mignon, dont l'agencement et même une partie du mobilier étaient à l'état authentique et inchangé de 1900. Plafond voûté, dallage original : quel régal … Les propriétaires, M. et Mme. Charles Mignon, nous ont même ouvert les portes de leur petit musée privé d'outils agricoles et d'ustensiles ménagers ; on y voyait entre autres une authentique baratte.

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Saint Hyppolite de Montaigu Puits communal









Le tour du village fut complétée par la visite de deux puits, tous les deux en parfait état : le puits communal avec son mécanisme à manivelle et son abreuvoir, et le puits privé de M. Roger Guet qui est le puits le plus ancien du village et dont la silhouette rappelle la forme d'une capitelle. Pour la petite histoire, l'eau courante n'étant arrivée qu'en 1968 à Saint-Hippolyte-de-Montaigu, le puits communal était à usage commun mais les propriétaires avaient également des puits privés sur leurs terres.

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Saint Hyppolite de Montaigu - Un puits privé









Enfin, l'église, de style roman tardif du 12e siècle, est certainement le principal joyau de l'histoire architecturale du village. Elle fut assez probablement, à l'origine, la chapelle d'un couvent. À première vue, elle se présente de façon assez sobre : une nef unique sans bas-côtés, de trois travées prolongées d'une abside en hémicycle. La nef, sur un axe général est-ouest, mesure 12,90 m de longueur et 5,40 m de largeur. Il n'y a pas de transept. Il faut regarder de plus près pour découvrir les beautés de cette petite église :

À l'extérieur d'abord, on note la façon très particulière d'exécution de la partie haute de l'abside : construite en hémicycle, sa toiture est supportée par une corniche couverte de lauzes ; la corniche s'appuie sur des corbelets ou modillons (pierres de support en saillie) sculptés.

Abside de l'église de Saint Hyppolite de Montaigu 2008.jpg







Abside de l'église de Saint Hyppolite de Montaigu











Saint Hyppolite de Montaigu Détails de la corniche de l'abside.jpg




Saint Hyppolite de Montaigu Détails de la corniche de l'abside







À l'intérieur ensuite, on note que la nef est couverte d'une voûte en berceau exécutée en pierres, et supportée par trois arcs doubleaux en plein cintre (dont deux sont visibles ; le troisième se "cache" sous la construction de la tribune). De telles voûtes en pierre furent introduites au 12e siècle, en premier lieu pour remplacer les toitures en bois et pour ainsi réduire les risques d'incendies. Une telle voûte étant considérablement plus lourde que les anciennes constructions en bois, les seuls murs latéraux, pourtant épais de 90 cm, auraient été trop faibles, ce qui nécessitait l'appui de quatre contreforts extérieurs (côté nord) pour compenser l'énorme descente de charge supplémentaire en verticale et en oblique qui en résultait. Tout ceci sont des éléments qui permettent à l'historien de dater l'église plus précisément.

L'église étant placée sous le vocable de Saint Hippolyte, on distingue, derrière le maître-autel, un grand tableau de Saint-Hippolyte. Notre guide nous apprenait que Saint-Hippolyte-de-Montaigu doit son nom à un martyr du 3e siècle, Hippolyte de Rome (170 - 235). Grand théologien, et un des premiers commentateurs chrétiens de la Bible, mais très conservateur, il entra en conflit avec les dirigeants de l'Église de l'époque et fonda une communauté dissidente. Enfin, au cours des persécutions systématiques des chrétiens dans ces premiers temps du christianisme, il fut déporté aux mines de Sardaigne, puis exécuté (écartelé par quatre chevaux).

Nous tiendrons à remercier les propriétaires des terrains privés, de leur aimable autorisation d'entrée et du gentil accueil qui nous a été réservé : Grands mercis chaleureux à Mme. Emma Pickles (propriétaire du bâtiment de l'Ancienne Mairie) ; à M. et Mme. Charles Mignon ; à M. et Mme. Josian Guet (propriétaires du terrain sur lequel se trouve l'extérieur de l'abside de l'église) ; et à M. Roger Guet.

La parution du livre de M. Georges Fabricius, "Saint-Hippolyte-de-Montaigu en Uzège", truffé de détails et d'anecdotes, est prévue pour décembre 2008. Il sera distribué par H.C.U., et il sera également disponible à la mairie de Saint-Hippolyte-de-Montaigu.