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19/04/2010

Les carrières de meules de Cantadur à Saint Quentin la Poterie

Samuel Longepierre est présent au sein de l’association H.C.U depuis sa prime jeunesse.

Il a fait connaissance avec l’archéologie en suivant Albert Ratz sur les différents et nombreux chantiers de fouilles de sauvegarde dont celui-ci était chargé de rendre compte à la DRAC Languedoc-Roussillon.

Il a découvert, avec lui, les belles carrières romaines de Cantadur, sur les hauteurs de Saint-Quentin-La-Poterie.

C’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers ce gisement encore inexploré pour en faire sa thèse de doctorat en archéologie.

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Samuel Longepierre au cœur de la carrière de Cantadur







Les carrières de Cantadur à Saint Quentin la Poterie
Cet été s’est achevée la dernière campagne de fouille d’un projet débuté dès l’année 2004 et qui concerne la production de meules à grains d’époque romaine sur la commune de Saint-Quentin-la-Poterie. Nous proposons ici une synthèse des principaux résultats obtenus à l’issue de ce projet qui a été réalisé dans le cadre de l’association HCU.

Il est très fréquent de retrouver des fragments de meules lors de prospections pédestres menées en surface de sites antiques, ces objets, nécessaires à la fabrication de la farine, étant d’un usage très courant aux périodes anciennes. Il y a encore quelques années seulement, seuls trois centres de production de ces meules étaient connus pour l’époque romaine dans le Sud-Est de la France. Il s’agit de la meulière d’Agde dans la vallée de l’Hérault, et pour la Provence, de celle de l’arrière pays toulonnais et de celle du massif de l’Estérel au nord de Fréjus. La découverte récente d’une grande meulière d’époque romaine à Saint-Quentin-la-Poterie permet désormais de compléter la carte de répartition des meulières antiques recensées en Languedoc et en Provence.

Le village de Saint-Quentin-la-Poterie est situé au centre d’un bassin sédimentaire délimité au nord par une chaîne de massifs calcaires du Jurassique. Parmi ces collines se situe, et de manière très localisée sur une quarantaine d’hectares seulement, un massif de conglomérat et de grès d’époque Miocène affleurant aux alentours de la Tour de Cantadur. A la fois résistant et abrasif, le matériau particulier présent au sein de ce massif possède ainsi toutes les caractéristiques recherchées dans l’obtention d’une pierre meulière de qualité. Cette formation a été exploitée, de l’époque romaine au XIXe siècle, dans différentes carrières de meules. Loin d’être homogène, elle associe trois principaux gisements, chacun étant caractérisé par une texture de matériau spécifique. Le matériau le plus fin, issu du gisement de type A, n’a été exploité que durant l’Antiquité. En témoigne encore la présence de très importants vestiges d’une carrière de meules romaine qui a eu la chance de ne pas être détruite par les exploitations postérieures. Souvent en effet, les sites de meulières d’époque moderne, nombreux dans notre région, ont fait disparaître les traces d’exploitations plus anciennes.

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Exemple d’extraction des meules en tubes dans la meulière romaine






Lors de notre première visite sur le site en 2004, nous n’étions pas certains de l’origine romaine de la carrière évoquée. Après cinq années de recherche sur la thématique des meules menées en collaboration avec des géologues et des archéologues, l’attribution de ces vestiges à cette période est désormais avérée. Le déboisement par la commune de Saint-Quentin, il y a près de deux ans maintenant, du site de la meulière romaine, auparavant impénétrable, nous a permis d’apprécier la qualité des vestiges conservés, tant ils sont évocateurs de l’activité artisanale originale qui s’est déroulée en ce lieu.

En l’absence de plan réalisé pour les autres meulières romaines connues dans le Sud-Est de la France, ce plan présente un intérêt majeur. Il permet de mieux comprendre l’organisation de l’activité au sein de la carrière. La répartition des fronts de taille semble en effet indiquer l’existence d’une division parcellaire de la carrière en quatre concessions, trois étant de même taille et une quatrième faisant une fois et demie, précisément, la largeur des précédentes. Dans cette hypothèse, ces concessions auraient été attribuées à des exploitants différents, ces derniers résidant au sein d’établissements ruraux situés au pied de la meulière. Mentionnons que ce type de division parcellaire est bien attesté parmi la meulière romaine de Mayen, en Allemagne.

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Ebauche de meule manuelle abandonnée en cours d’extraction dans la meulière romaine









Des ateliers de taille situés au pied de la meulière
Une prospection pédestre menée de manière quasi systématique dans les champs situés au pied du massif de pierre meulière a permis de recenser une quinzaine d’établissements ruraux d’époque romaine. Sur quatre d’entre eux, de nombreux éclats de taille de meules, ainsi qu’une cinquantaine d’ébauches de meules manuelles ont été observés. Ces différents artefacts proviennent tous du gisement de type A exploité par la meulière antique précédemment évoquée. D’autre part, les ébauches de meules retrouvées sur ces sites ruraux sont à tous les stades de fabrication et contrastent ainsi avec celles, situées sur la meulière antique, qui sont brutes d’extraction, ou seulement sommairement dégrossies. Ces observations ont ainsi permis d’envisager l’existence d’ateliers de taille répartis au sein d’établissements ruraux antiques voués, parmi d’autres activités, au dégrossissage et à la finition de meules préalablement extraites dans un même site d’extraction.

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Etablissements ruraux du Bas-Empire recensés au pied des meulières, dont 4 liés à la production de meules


Texte et photos de Samuel LONGEPIERRE publiés dans le bulletin n° 110 d'Histoire et Civilisation de l'Uzège.


Bulletin n°110

Le numéro 110 de la revue d’Histoire et Civilisation de l’Uzège vient de paraître.

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Samuel Longepierre est présent au sein de l'association H.C.U depuis sa prime jeunesse. Il a fait connaissance avec l'archéologie en suivant Albert Ratz sur les différents et nombreux chantiers de fouilles de sauvegarde dont celui-ci était chargé de rendre compte à la Drac L.R.
Il a découvert, avec lui, les belles carrières romaines de Cantadur, sur les hauteurs de Saint-Quentin-La-Poterie. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers ce gisement encore inexploré pour en faire sa thèse de doctorat en archéologie. En complément de ces fouilles, le chantier archéologique de la villa gallo-romaine de Roquésis a permis de mettre en évidence le lien entre l'activité artisanale de cet établissement et l'extraction des meules de Cantadur.
Ces 5 années de recherches assidues ont débouché sur cette découverte majeure dont il nous rend compte dans ce bulletin qui lui est entièrement consacré.
Des extraits seront communiqués ultérieurement sur le blog.

Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €