Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/04/2010

Uzès dans les guides et les guides d’Uzès

Uzès dans les guides et les guides d’Uzès par Christian FELLER, illustrations de Gérard DEPRALON

Si, Histoire et Civilisation de l'Uzége n'est pas directement impliquée dans la publication de cet ouvrage, l'auteur est adhérent de l'association et c'est à ce titre que nous présentons son livre.

Il existe de nombreux ouvrages savants sur la Ville d'Uzès contant l'histoire de la cité ducale et de ses monuments. Par contre, la façon dont Uzès a été vu et vécu dans des passés lointains ou proches par différents voyageurs ou visiteurs n'a été que rarement rapportée. rauteur de cet ouvrage, à travers une promenade dans sa propre bibliothèque et dans les fonds de la médiathèque d'Uzès nous fait découvrir ces témoignages du passé.
Le deuxième objectif de l'auteur est de nous présenter ces guides ainsi que d'autres ouvrages (non historiques) traitant spécifiquement d'Uzès, comme des livres de souvenirs, des livres de photos, ou des livres d'art dont le point commun est toujours l'amour d'Uzès.
C'est ainsi que l'auteur nous entraîne d' «Uzès dans les guides» aux « guides d'Uzès ». (Extrait 4ème de couverture)

Numériser0075.jpg

Dans la préface, Mireille OLMIERE, archiviste de la ville d'Uzès, précise :
"... En effet, ces textes nous renseignent sur le regard que nos prédécesseurs ont posé sur la ville. Souvenirs d’un vécu, d’une brève visite, d’un enchantement ou d’une déception, description administrative ou géographique, ils viennent par leurs récits, sommaires ou détaillés, combler un peu ce vide. A leur lecture, se dessinent les contours de la ville autrefois, sensation plus que perception pour les temps les plus reculés, esquisses à peine ébauchées pour des époques moins lointaines, images nettes et précises lorsque le texte guide le visiteur et oriente son regard... "
Numériser0077.jpg

Illustration par Gérard Depralon


Cet ouvrage, édité par LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine, présente un intérêt certain pour tous ceux qui voudraient visiter Uzès à travers le temps. Vous le trouverez en vente dans les librairies d'Uzès ou sur le site : www.lucie-editions.com

Bulletin n°110

Le numéro 110 de la revue d’Histoire et Civilisation de l’Uzège vient de paraître.

Numériser0074.jpg

Samuel Longepierre est présent au sein de l'association H.C.U depuis sa prime jeunesse. Il a fait connaissance avec l'archéologie en suivant Albert Ratz sur les différents et nombreux chantiers de fouilles de sauvegarde dont celui-ci était chargé de rendre compte à la Drac L.R.
Il a découvert, avec lui, les belles carrières romaines de Cantadur, sur les hauteurs de Saint-Quentin-La-Poterie. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers ce gisement encore inexploré pour en faire sa thèse de doctorat en archéologie. En complément de ces fouilles, le chantier archéologique de la villa gallo-romaine de Roquésis a permis de mettre en évidence le lien entre l'activité artisanale de cet établissement et l'extraction des meules de Cantadur.
Ces 5 années de recherches assidues ont débouché sur cette découverte majeure dont il nous rend compte dans ce bulletin qui lui est entièrement consacré.
Des extraits seront communiqués ultérieurement sur le blog.

Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

Les églises de Belvezet

Le village de Belvezet situé en Uzége possède deux églises. L'abbé Goiffon dans son « Dictionnaire du diocèse de Nîmes» nous en donne l'explication :
«... L'église paroissiale, située à l'une des extrémités de la paroisse, est fort ancienne; elle fut considérablement agrandie, vers 1820 ; mais cette réparation ne fut pas exécutée d'une manière intelligente et ébranla fortement l'édifice, dans les murs duquel se sont produites depuis des lézardes considérables. On s'occupe en ce moment (1) de la construction d'une nouvelle église en un point plus central...».
Peut être, est ce de cette situation qu'est née cette historiette que nous conte Jean Mignot (2) :

« Si Belvézet és sus vosté cami, anas ou véire, ai pas menti, dos gleysos y trouvarés ».
«Si Belvézet est sur votre chemin, allez voir, vous y trouverez deux églises ».
Les catholiques de Belvézet, se trouvaient à l’étroit dans leur église. Elle était basse et écrasée, « coum’ un four », comme un four ; comme une poule qui couve ses petits elle ne pouvait pas protéger tous ses petits sous ses ailes. « Ero pichoto dé tout lat » : petite de tous côtés.
Les habitants vont trouver le père curé et obtiennent sa permission pour surélever leur église. Et après s’il est d’accord, ils l’élargiraient. Lou Capelan leur dit : « vous avez peut-être bien raison » « Béléou avès rasou ».

Eglise romane Saint André.jpg

Eglise romane Saint André

Les braves gens se mettent à l’œuvre. Tout le monde se met à la tâche. Avec tombereaux et charrettes ils transportent… du fumier qu’ils versent au pied des murs tout autour de l’église. « Voulen la faïre mounta. Boutan à sous pès dé fén. Veires aquo dins quaouqué tén ». Lou Capelan pensait : ils ont devenus fous ! « Moun troupèl és vengu baou ».
Ils attendaient que le fumier produise son effet. Une grosse pluie intervint. Le fumier se tassa et on vit alors la trace qu’il avait laissée sur les murailles. Uno raillo que marcavo l’endré prumier : Un trait qui marquait le niveau atteint par le tas de fumier. Au moins cinq pans ! Tout heureux, ils vont vite chercher leur Capelan pour qu’ils viennent constater leur réussite. Nous avons bien travaillé. Maintenant il va falloir penser à l’élargir. « Vèné veire s’aven bién travailla. De cinq pans la gléyso a mounta. Perqué avén bién réussi fôou pénsa à l’éslarji »
Et ils se remettent au travail. Les Catholiques, les protestants, les dévôts et les moins dévôts, tous se mettent à la tâche. Comme il faisait très chaud ils enlèvent vestes et vestons et les déposent en tas devant la porte, puis entrent à l’intérieur et se mettent à pousser les murs. Non pas avec leurs bras tendus en avant mais en poussant avec leur postérieur : « lou quiou aou mur, lou cap de faço aou Priou, la tête face au Prieur, anén ! Couméssan. Atténciou ! Oh hisso ! un cop de quiou ! oh hisso ! a moun coumandamén oh hisso !
Pendant qu’ils étaient ainsi dans l’église, passe un pauvre chemineau (3) un fataire, voyant le tas de vestes et vestons, s’empare des vêtements. La bonne aubaine. Au moins cela il ne l’aurait pas volé. Merci grand saint Martin !
« Si sourtissian per véire sé lou traval és avança » Si nous allions voir si le travail a bien avancé. Ils sortent. Plus de vestes ! « Eh bien nous y avons fait ! l’église s’est bien élargie, la preuve c’est que nous ne voyons plus les vestes, elles sont cachées ! », « la gléyso s’és éscartado, a prouvo, las vestos sous catados ».
Lou Capelan les remercie et invite tous ses paroissiens à se retrouver le dimanche suivant pour une grand’ messe. « Mé aou prumié dimenché arriva, agérou pas dé péno per s’avisa, qué la gleyso éro coumo davan. ». Il fallu se rendre à l’évidence : rien n’avait bougé. L’église était comme avant !
Alors le brave curé s’adressa à ses paroissiens : « Mes enfants je vous remercie, vous êtes de bons travailleurs, mais je crois que ce serait mieux, si le travail ne vous fait pas peur, de nous mettre à bâtir une nouvelle église. » « Graméçis, mous éfans, sès dé bos travailladous, mè crésé qué sariè méillou sé l’obro vous fai pas pôou à faire dé nôou. »
Et voici nos braves habitants de ce charmant village qui se remirent à l’œuvre pour bâtir une nouvelle église bien adaptée à leurs besoins. Faisons du neuf ! Pour la cérémonie de bénédiction de la nouvelle église, une longue procession partit de la vieille église pour aller vers le nouveau bâtiment, en chantant ce refrain : « Tournarén à la Vieillo, richo dé souvéni. Anaren à la Novo, quo nous fara plasi » Nous retournerons à la Vieille, riche de souvenirs, nous irons à la neuve, ça nous fera plaisir !

Eglise du fin XIXe siècle.jpg

Eglise du fin XIXe siècle

Allez à Belvézet ce charmant village de l’Uzège, vous y trouverez avec sa vieille et belle église qui menace ruine malgré les efforts de quelques habitants et d’une association pour sa sauvegarde, et tout au bout de la traversée du village en allant vers le mont Bouquet, vous verrez la belle et grande église, la plus grande église de tout le secteur des Seynes, aujourd’hui bien trop grande pour les quelques rares paroissiens et pour les si rares messes que l’on peut y célébrer !
Cette histoire fait partie de la « tradition orale » locale et des histoires amusantes sur Belvézet. Il ne faut rien y voir de blessant pour ses habitants. On trouve ici et là dans la région des versions un peu différentes sur les mêmes thèmes, et sur d’autres lieux, avec des nuances et des fioritures que seule notre belle lengo nostro peut traduire.

Jean Mignot

Le texte que j’ai utilisé ici est celui du Chanoine Maurin, bien connu dans notre diocèse, dans son livre « Lous contes del Pacanard » paru en 1980 sur les presses de l’imprimerie Bené.

(1) Le "Dictionnaire du diocèse de Nîmes" est paru dans sa version initiale en 1881.
(2) Cette historiette est paru dans la revue « Clochers en Uzège » n°4 - Juin 2008
(3) Le mot « chemineau » vient de chemin, était appliqué aux ouvriers agricoles qui se déplaçaient de ferme en ferme pour louer leurs services. C’est le vrai sens et la vraie traduction du « fataire ». Par extension le terme gagne une connotation péjorative de vagabond.

Photos de Jean Mignot

Saint Hippolyte de Montaigu en Uzège

Après avoir fait éditer « Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès », de Jean Bernard Vazeille et Bernard Malzac, « Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave » d’Albert Ratz, Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une nouvelle publication de Georges FABRICIUS intitulée Saint Hippolyte de Montaigu en Uzège:

Numériser0073.jpg

Ce livre nous raconte l’évolution de Saint-Hippolyte-de-Montaigu dès ses débuts moyenâgeux jusqu’à nos jours. Saint-Hippolyte-de- Montaigu, le plus petit village de l’Uzège, est en effet riche de dix siècles d’histoire.
Avec talent, ce récit évoque l’histoire de la paroisse, des bâtiments aux trésors parfois cachés, des grandes personnalités locales et des faits divers qui, en somme, constituent l'âme de ce charmant village au pied du Montaigu.
À travers des documents historiques et des interviews avec les anciens du village, on y retrouve l’atmosphère si particulière de notre campagne languedocienne.
L’auteur, habitant du village, est un passionné de la recherche historique.

Ce livre est édité par LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine. www.lucie-editions.com/

---------------------------------------------------------------------------------------------------------

BON DE COMMANDE


Nom – Prénom :

Adresse :


Nombre d’exemplaires : ............ X 17 euros + frais d’envoi


Pour toute commande, écrivez à : georges.fabricius@wanadoo.fr ou à l'adresse du blog

Meilleurs voeux pour l'année 2009

Bono annado, bèn granado, bèn acoumpagnado
Bòna annada, ben granada e ben acompanhada
Bonne année, bien prospère, et bien accompagnée



Au nom du Conseil d'administration d'Histoire et Civilisation de l'Uzége, j'adresse nos meilleurs voeux pour cette année 2009, qu'elle apporte à chaque lecteur santé, sérénité et solidarité (liste non exhaustive).
Pour illustrer cette année 2009, j'ai choisi ce poème publié par Albert Roux, il y a 100 ans. Certes, les préoccupations de l'auteur nous paraissent bien lointaines, mais son interrogation sur le devenir reste éternelle : ...l’aveni ; De que sera ?....

Albert Roux Médaillon.jpg

1909 (1)

Déjà traùco l’aùbo e fai pinchoun ;
Es jouino e ben pourtanto,
A la coulour fresco, bono façoun,
Es l’aveni que nous encanto.

Es l’aveni ; De que sera ?
Es l’esperenço ; mai, belèu,
Tout ensemblo foudra’ntera :
Aqueli dous mot soun trop bèu !

A ! de segu, s’ere lou mestre,
Ou dise doù foun doù cur :
Des-es-noù cent noù, qu’anan estre,
Seriè l’annado : BONUR ! (2)

Bonur per lou Gard à Paris. (3)
Aquel journal tant sincère,
Tant pouli e tant plasen,
Souhaite que toujour prouspere
E dure
La vido de Matieù Salem ! (4)

ALBERT ROUX
De Sanilha dou Gard

1909

L'aube fait son apparition.
Elle est jeune, elle est bien portante,
Fraîches couleurs, bonne façon,
Elle est l'avenir qui enchante.

Elle est l'avenir ; qu'en penser ?
Elle est l'espérance ; qui sait
S'il ne faudra pas enterrer
Ensemble ces deux mots trop gais ?

Ah, certes, si j'étais le maître,
Je le dis du fond de mon cœur,
L'an mil-neuf cent neuf qui va naître
Serait nommé l'année BONHEUR !

Bonheur pour le Gard à Paris,
Ce journal tellement sincère,
Si agréable et si joli,
Je souhaite que toujours prospère,
Il vive
Aussi vieux que Mathieu Salem !

(1) Ce poème est une adaptation de celui qui est paru dans la revue « Le Gard à Paris » le 1er janvier 1906. Cette variante a été présentée dans le « Journal d’Uzès » en janvier 1909. La version 1905 – 1906 a été publiée dans « Lou Parage d’Usès/ Le pays d’Uzès » (B. Malzac – J.B Vazeille Lucie Editions 2007)

(2) L’année 1909 sera effectivement une période de bonheur pour Albert Roux :

=> Par arrêté du 20 janvier 1909, il a été promu officier de l’Instruction publique. Cette distinction créée en 1808 était destinée au personnel de ce qui est devenu l’Education Nationale. En 1850 (décret du 9 décembre), la décoration devient indépendante du grade universitaire, le titre d’Officier de l’Instruction Publique remplace celui d’Officier de l’université. Sous le second empire, le décret du 27 décembre 1866 étendit l’attribution des Palmes aux savants, aux littérateurs ainsi qu’aux personnes ayant bien mérité de l’Instruction publique.
Le dossier transmis au Ministère par la Sous-préfet d’ Uzès nous donne des indications sur cette promotion :
Fonctions actuelles
- Poète - conférencier
Fonctions qu’il a remplies antérieurement
- Membre correspondant de l’Académie de Nîmes
- Lauréat des jeux floraux du Languedoc
- Auteur de divers petits fascicules et de conférences.
L’annonce de cette distinction fut faite lors de la séance de l’Académie de Nîmes du 6 février 1909.
=> Autre motif de satisfaction, la création du Muséon Uzétien dont il fut l’initiateur et la cheville ouvrière. Tout comme Frédéric Mistral à Arles (Muséum Arlaten), Albert Roux souhaitait que la ville d’Uzès possède un musée où seront exposés tous les objets qui ont fait l’histoire et la vie de l’Uzège. Dans un article du journal d’Uzès de mai 1909, il décrit ce que devrait être ce futur musée : « …Aquel muséon sera lou recate de tout aqueli poulido caouso que soun nascudo e que soun estade sensa l’estampia de nosti gous, de noste biaï, de noste caratèro, de nosti usage… »
« …Ce musée sera le lieu de recueil de toutes ces jolies choses qui sont nés et qui sont sensées garder l'image de nos goûts, de notre savoir faire, de nos coutumes… »

(3) La revue mensuelle « Le Gard à Paris » créée en 1905, est l’organe officiel de l’Association les Enfants du Gard, association Amicale, Philanthropique, Littéraire et Artistique qui regroupe les gardois exilés dans la capitale. Alfred Longuet, originaire de Vers Pont du Gard en fut le président pendant de nombreuses années. Albert Roux collabora dès sa création par l’envoi de textes ou de poèmes.

Numériser0001.jpg


(4) Le nom de Mathieu Salem est une interprétation de Mathusalem. Ce personnage est mentionné dans l’ancien testament (chapitre 5, verset 27 de la Genèse) sous le nom de Metuschélah :
« Tous les jours de Metuschélah furent de neuf cent soixante-neuf ans ; puis il mourut. » Son nom est devenu synonyme de longévité.