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19/04/2010

Bulletin n° 112

Le numéro 112 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début octobre 2009.


En voici le sommaire :
- Le mot du Président qui annonce l'AG prévue en novembre 2009 qui sera suivie d'une conférence sur le thème :"5000 ans de lumière" présentée par notre adhérent William Antoine Corfü

- Mythes et réalités dans l'histoire de l'Uzège par Albert Ratz (1ère partie): la présence des Sarrazins dans l'histoire de notre région est elle une réminiscence de notre inconscient collectif ou bien une réalité comme le laisse supposer les différentes dénominations de lieux ou monuments en référence aux Sarrazins ?

- Histoire et visite de Vallérargues par Michel Raulet : une sortie du mois d'avril 2009 où les adhérents ont parcouru l'histoire de ce village du Grand Lussan sous la conduite de l'érudit local dont vous aurez plaisir de lire l'article prochainement sur ce blog.

Les épouvantails par Christiane Chabert : un clin d'œil sur ces mannequins de paille qui disparaissent peu à peu de nos paysages.


Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

La fouille d’un des sites voués à la taille des meules, celui de Roquesis

L'un de ces établissements ruraux liés à la taille de meules, celui de Roquésis, situé en bordure de la route départementale de Saint-Laurent la-Vernède, a fait l'objet d'une fouille programmée menée sur trois campagnes, avec l'aide d'une vingtaine d'étudiants en archéologie et de quelques personnes de l'association HCU (Nicole Jourdan ci-dessous)

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Fouille dans l'établissement romain de Roquesis






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Les ossements de boeufs sortis de l'espace creusé




Les objectifs
L'objectif de la fouille était, d'une part, de caractériser la nature d'un site abritant une activité artisanale particulière. D'autre part, nous voulions connaître l'époque où l'établissement entretient une relation avec l'exploitation de meules, en fonction de la datation des niveaux archéologiques contenant des éclats de taille de meules. Sur le site de la carrière antique en effet, l'absence de mobilier céramique retrouvé - celui-ci étant généralement utilisé comme élément de datation - ne permet pas de préciser directement l'époque de son exploitation. Cette absence constitue un cas fréquent relatif aux sites de meulières en général qui, n'étant pas des lieux d'habitat, ne comportent que peu ou pas de mobilier, si bien que leur datation est souvent rendue délicate en l'absence de source textuelle. Toutefois, nous avions étudié en parallèle un nombre important de collections de meules issues de la fouille de sites romains languedociens et provençaux. Les meules saint quentinoises retrouvées sur ces sites proviennent généralement de contexte de la fin de l'époque romaine, ceci fournissant un premier élément pour dater cette production.

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Présence d'un radier en croix dans l'une des pièces de l'établissement







Une probable villa
La fouille du site de Roquésis a également permis de caractériser son statut. La découverte, en position remaniée, de quelques éléments de confort liés à l'existence d'une partie résidentielle (fût de colonne, tesselles de mosaïque, éléments liés à l'existence d'un balnéaire), ainsi que la présence d'un plan très rationnel dont la superficie, autour de 3000 m2, avoisine celle des villae régionales de taille moyenne, invite à envisager la présence d'une villa. Plus généralement en Languedoc, il semble que ce soient de grands établissements ruraux qui, durant l'époque romaine, ont pu être à l'origine de l'exploitation de meulières, comme l'illustrent également les fouilles qui ont été réalisées sur l'emprise d'un établissement antique situé au sein même de la meulière d'Agde, ou encore la découverte récente d'ébauches de meules lors de la fouille en cours, par Stéphane Mauné, d'une villa dans la moyenne vallée de l'Hérault. La partie résidentielle du site de Roquésis n'a pu en revanche être retrouvée. Elle semble devoir se trouver sous l'emprise d'une bergerie en ruine d'époque moderne située en bordure de l'espace fouillé.

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Plan général de l'établissement romain de Roquésis à Saint Quentin la Poterie









Les différents temps dans l'occupation du site
La fouille du site de Roquésis a été étendue sur une superficie importante d'environ 3000 m2. Plusieurs phases d'occupation ont ainsi pu être distinguées. La première concerne une série de fosses, de fossés et de canalisations en pierres, sans que la zone d'habitat liée à cette première occupation ne soit directement connue. Dans le comblement de ces différentes structures en creux, qui sont datées de l'époque augustéenne, aucun éclat de taille de meules issu de l'exploitation du massif de pierre meulière n'a été reconnu. Plusieurs fragments de meules en basalte ont en revanche été découverts. Ils témoignent d'une époque où les meules proviennent de la meulière d'Agde, dans la vallée de l'Hérault, ce centre de production ayant eu une situation de premier plan dans la diffusion des meules aux Ier et IIe s. av. J.-C. en Languedoc et en Provence occidentale.

Entre la seconde moitié du Ier s. ap. J.-C. et le courant du IIe s. ap. J.-C., est construit, sur le site de Roquésis, un établissement important d'une superficie d'environ 3000 m2 et dont le plan, très rationnel, évoque l'existence d'une seule phase principale d'édification. Des corps de bâtiments s'agencent autour d'une cour, qui fait face, à l'ouest, à une autre cour secondaire de dimensions plus importantes. Différents niveaux archéologiques dont la datation s'étend entre le IIe et le IVe s. ap. J.-C., et qui sont liés à l'occupation de cet établissement, contiennent des éclats de taille de meules. Ces derniers témoignent alors de l'émergence d'une activité meulière dans le secteur de Saint-Quentin-la-Poterie. Il est intéressant de constater que ces artefacts ne proviennent pas du gisement de type A, pour lequel nous avons pu identifier de nombreux vestiges d'une meulière antique, mais d'un autre gisement de texture plus grossière situé également au sein du massif de pierre meulière. L'exploitation de ce dernier gisement a certainement dû être limitée, seules deux meules d'époque romaine confectionnées dans ce matériau ayant pour l'instant été retrouvées sur des sites de consommation.

La dernière phase d'occupation du site de Roquésis, avant son abandon définitif, est bien datée par du mobilier céramique significatif et relativement abondant. Située entre 370 et 420 ap. J.-C., elle correspond à l'époque où apparaissent, dans le comblement d'un ensemble de structures en creux, des éclats de taille et des ébauches de meules issus, cette fois-ci, du gisement de type A. C'est donc dès la fin du IVe s. que se met en place, dans le secteur de Saint-Quentin-la-Poterie, une production meulière d'envergure régionale, qui succède à une production antérieure, de diffusion plus locale. Il n'est pas en revanche évident de déterminer quel est le devenir de l'activité meulière à Saint-Quentin après l'abandon du site de Roquésis, dans le courant de la première moitié du Ve s. ap. J.-C. Toutefois, dès la seconde moitié du VIe s. ap. J.-C., apparaissent sur les sites de consommation régionaux des meules plates de typologie médiévale, qui diffèrent des meules à face de mouture conique de tradition antique produites à Saint-Quentin-la-Poterie. Il semble donc que dès cette période, au moins, il n'y ait plus eu de production de meules à Saint-Quentin-la-Poterie, et ce n'est qu'à partir de l'An Mil que des meulières seront de nouveau exploitées dans ce secteur.

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Sépulture monumentalisée de la fin de l'Antiquité






Un espace funéraire de la fin de l'Antiquité
Au centre d'une cour secondaire a également été découvert cet été sur le site de Roquésis un espace funéraire de la fin de l'époque romaine particulièrement intéressant. Une sépulture monumentalisée marque le centre de cet espace. Elle est constituée de quatre murs délimitant une chambre funéraire dont le sol est fait d'un béton de tuileau. Cette chambre était recouverte par deux dalles monolithiques, au moins. Autour de cette sépulture monumentalisée ont été retrouvées des sépultures plus modestes, dont deux sépultures doubles contenant des inhumations d'adultes et trois sépultures de nouveaux nés, dont deux enterrés dans des amphores. La sépulture monumentalisée était destinée à recevoir la dépouille d'un personnage important, le maître du domaine suppose-t-on, autour duquel auraient été enterrés les membres de sa famille.

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L'espace funéraire sur le site de Roquésis








Conclusion
Ces cinq années de recherche sur la commune de Saint-Quentin-la-Poterie ont permis de mettre en évidence un site de carrière de meules d'époque romaine exceptionnel par son état de conservation et qui constitue certainement un site majeur du patrimoine de l'Uzège. L'étude de la carrière témoigne de l'existence d'une activité artisanale très organisée au sein de ce site. Plus généralement en France, il faudra attendre la fin du Moyen-Âge ou le début de l'époque moderne pour retrouver de grandes meulières organisées de manière rationnelle à l'instar de celles attestées pour l'époque romaine. Alors qu'il y a encore quelques années seulement, l'existence d'une activité meulière d'époque romaine à Saint-Quentin-la-Poterie n'était pas connue, aujourd'hui son importance est bien attestée, des meules antiques issues de ce centre de production ayant été retrouvées jusque dans les garrigues montpelliéraines, ainsi qu'en Provence, par exemple lors de fouilles récentes menées dans le Rhône, aux abords de la cité romaine d'Arles.

Texte et photos de Samuel LONGEPIERRE publiés dans le bulletin n° 110 d'Histoire et Civilisation de l'Uzège.

Les carrières de meules de Cantadur à Saint Quentin la Poterie

Samuel Longepierre est présent au sein de l’association H.C.U depuis sa prime jeunesse.

Il a fait connaissance avec l’archéologie en suivant Albert Ratz sur les différents et nombreux chantiers de fouilles de sauvegarde dont celui-ci était chargé de rendre compte à la DRAC Languedoc-Roussillon.

Il a découvert, avec lui, les belles carrières romaines de Cantadur, sur les hauteurs de Saint-Quentin-La-Poterie.

C’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers ce gisement encore inexploré pour en faire sa thèse de doctorat en archéologie.

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Samuel Longepierre au cœur de la carrière de Cantadur







Les carrières de Cantadur à Saint Quentin la Poterie
Cet été s’est achevée la dernière campagne de fouille d’un projet débuté dès l’année 2004 et qui concerne la production de meules à grains d’époque romaine sur la commune de Saint-Quentin-la-Poterie. Nous proposons ici une synthèse des principaux résultats obtenus à l’issue de ce projet qui a été réalisé dans le cadre de l’association HCU.

Il est très fréquent de retrouver des fragments de meules lors de prospections pédestres menées en surface de sites antiques, ces objets, nécessaires à la fabrication de la farine, étant d’un usage très courant aux périodes anciennes. Il y a encore quelques années seulement, seuls trois centres de production de ces meules étaient connus pour l’époque romaine dans le Sud-Est de la France. Il s’agit de la meulière d’Agde dans la vallée de l’Hérault, et pour la Provence, de celle de l’arrière pays toulonnais et de celle du massif de l’Estérel au nord de Fréjus. La découverte récente d’une grande meulière d’époque romaine à Saint-Quentin-la-Poterie permet désormais de compléter la carte de répartition des meulières antiques recensées en Languedoc et en Provence.

Le village de Saint-Quentin-la-Poterie est situé au centre d’un bassin sédimentaire délimité au nord par une chaîne de massifs calcaires du Jurassique. Parmi ces collines se situe, et de manière très localisée sur une quarantaine d’hectares seulement, un massif de conglomérat et de grès d’époque Miocène affleurant aux alentours de la Tour de Cantadur. A la fois résistant et abrasif, le matériau particulier présent au sein de ce massif possède ainsi toutes les caractéristiques recherchées dans l’obtention d’une pierre meulière de qualité. Cette formation a été exploitée, de l’époque romaine au XIXe siècle, dans différentes carrières de meules. Loin d’être homogène, elle associe trois principaux gisements, chacun étant caractérisé par une texture de matériau spécifique. Le matériau le plus fin, issu du gisement de type A, n’a été exploité que durant l’Antiquité. En témoigne encore la présence de très importants vestiges d’une carrière de meules romaine qui a eu la chance de ne pas être détruite par les exploitations postérieures. Souvent en effet, les sites de meulières d’époque moderne, nombreux dans notre région, ont fait disparaître les traces d’exploitations plus anciennes.

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Exemple d’extraction des meules en tubes dans la meulière romaine






Lors de notre première visite sur le site en 2004, nous n’étions pas certains de l’origine romaine de la carrière évoquée. Après cinq années de recherche sur la thématique des meules menées en collaboration avec des géologues et des archéologues, l’attribution de ces vestiges à cette période est désormais avérée. Le déboisement par la commune de Saint-Quentin, il y a près de deux ans maintenant, du site de la meulière romaine, auparavant impénétrable, nous a permis d’apprécier la qualité des vestiges conservés, tant ils sont évocateurs de l’activité artisanale originale qui s’est déroulée en ce lieu.

En l’absence de plan réalisé pour les autres meulières romaines connues dans le Sud-Est de la France, ce plan présente un intérêt majeur. Il permet de mieux comprendre l’organisation de l’activité au sein de la carrière. La répartition des fronts de taille semble en effet indiquer l’existence d’une division parcellaire de la carrière en quatre concessions, trois étant de même taille et une quatrième faisant une fois et demie, précisément, la largeur des précédentes. Dans cette hypothèse, ces concessions auraient été attribuées à des exploitants différents, ces derniers résidant au sein d’établissements ruraux situés au pied de la meulière. Mentionnons que ce type de division parcellaire est bien attesté parmi la meulière romaine de Mayen, en Allemagne.

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Ebauche de meule manuelle abandonnée en cours d’extraction dans la meulière romaine









Des ateliers de taille situés au pied de la meulière
Une prospection pédestre menée de manière quasi systématique dans les champs situés au pied du massif de pierre meulière a permis de recenser une quinzaine d’établissements ruraux d’époque romaine. Sur quatre d’entre eux, de nombreux éclats de taille de meules, ainsi qu’une cinquantaine d’ébauches de meules manuelles ont été observés. Ces différents artefacts proviennent tous du gisement de type A exploité par la meulière antique précédemment évoquée. D’autre part, les ébauches de meules retrouvées sur ces sites ruraux sont à tous les stades de fabrication et contrastent ainsi avec celles, situées sur la meulière antique, qui sont brutes d’extraction, ou seulement sommairement dégrossies. Ces observations ont ainsi permis d’envisager l’existence d’ateliers de taille répartis au sein d’établissements ruraux antiques voués, parmi d’autres activités, au dégrossissage et à la finition de meules préalablement extraites dans un même site d’extraction.

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Etablissements ruraux du Bas-Empire recensés au pied des meulières, dont 4 liés à la production de meules


Texte et photos de Samuel LONGEPIERRE publiés dans le bulletin n° 110 d'Histoire et Civilisation de l'Uzège.


Bulletin n° 111

Le numéro 111 du bulletin d’Histoire et Civilisation de l’Uzège vient de paraître.

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Sommaire :
- Le mot du Président est consacré à un hommage à notre adhérent récemment décédé, Roger BOINNARD
- Les carrières de Cantadur en 3D
- Le mazet de Croqueprunes
- Exposition "Les trésors du Rhône" en Arles
- Les plantes de printemps.


Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

08:42 Publié dans Bulletins | Lien permanent | Commentaires (0)

Histoire d’hier, Combat de demain - Lycée d'Uzès 1974 – 1980

La Convention de l’UNESCO de 2003 définit le patrimoine culturel immatériel ou patrimoine vivant comme « les pratiques, représentations, expressions, ainsi que les connaissances et savoir-faire que des communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel» et précise : « procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité »

L’histoire du combat mené de 1970 – 1980 pour la sauvegarde du lycée d’Uzès s’inscrit tout à fait dans l’esprit de la convention et fait partie intégrante de notre patrimoine.

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Sur ce sujet, les Editions « Champ Social » viennent de publier un livre intitulé : « Histoire d’hier, Combat de demain » écrit par Nicole BOUYALA et préfacé par Bernard PINGAUD.


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Dans cet ouvrage, il est question de la bataille menée, dans les années 1970, pour s’opposer à la fermeture décidée par le Rectorat du Lycée d’Uzès. La victoire a été obtenue après six années grâce à l’audace, la persévérance, l’imagination et l’esprit citoyen qui ont marqué cette lutte exemplaire.

La plus spectaculaire des actions menées fut la création d’une « Terminale Sauvage ». Elle fut aussi déterminante. Deux ans après, le lycée obtint la création d’une terminale scientifique indispensable à sa survie, et fut réinscrit à la Carte Scolaire en 1980.

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Carole BERTHELEMY - Martine BLANC - Philippe BOUYALA - Frédéric CHARMASSON - Ghislaine CHARMASSON - Philippe CORTICCHIATO – Guy DARBOUSSET – Olivier FERNANDEZ - Maria ROQUES - Martine ROURA - Elisabeth VACHIER.

Cette démarche est apparue intéressante pour permettre la compréhension de cette histoire ancienne et son rapport avec l’histoire d’aujourd’hui. Si on ne refait jamais l’Histoire avec un grand H, on peut en refaire une lecture qui montre à des élèves déjà confrontés à la difficile problématique de l’enseignement, comment on peut parfois influer sur des décisions venues d’en haut.

Il ne s’agit pas de faire la révolution, mais de prendre conscience que lorsque l’on s’engage dans une lutte, les paramètres sont nombreux, et que les décisions prises conduisent parfois beaucoup plus loin qu’on ne le pensait.

Les onze élèves de Première C et D (telles étaient les terminologies de l’époque) qui ont fait le choix en accord avec leurs parents de ne pas accepter de partir à Nîmes, Alès ou Bagnols pour effectuer leur Terminale n’ont sûrement pas réalisé, au départ, l’audace de cette décision. Les unes et les autres n’ont pas imaginé quand ils ont participé à cette « Terminale Sauvage » qui a marqué un tournant décisif dans le « sauvetage du Lycée », qu’ils étaient en train de construire localement l’Histoire de demain. Ils ne voulaient pas quitter leur ville, se séparer de leurs copains, de leur milieu, ce n’était pas une conviction qui les animait c’était plutôt le refus d’aller ailleurs.

Au fil des jours, au fur et à mesure face à l’intérêt qu’un peu partout leur démarche a provoqué, ils, elles ont pris conscience de l’importance de l’enjeu.

Le souci de la réussite au bac, primordial au départ s’est peu à peu effacé pour laisser place à la découverte de nombre de valeurs ignorées jusqu’alors :

La solidarité, la prise de conscience d’une lutte, les limites de l’autogestion etc.…

Ils se sont découverts comme acteurs d’une cause dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur et les conséquences sur le développement même de leur lieu de vie.

Peut-on en 2009 imaginer cette ville et cette petite région l’Uzége sans lycée ?

Combien de familles ne s’y seraient pas installées, combien d’autres l’auraient quittée ?

Les Onze « sauvages » n’avaient pas pensé à tout cela.

C’est dans ce lycée Charles Gide maintenant prospère avec ses 735 élèves (l’effectif était descendu jusqu’à 95 en 1975) que l’ouvrage sera présenté, en première, au public uzégeois avant de prendre son envol national.


Manifestation autour du livre

En collaboration avec le Proviseur, Jean Michel CABANIS et la communauté éducative du lycée Charles GIDE, une manifestation sera organisée le Mardi 19 mai 2009.

Le programme proposé comprendra une première partie réservé aux élèves :
• Une exposition conçue à partir d’articles de presse sera présentée au CDI à partir de vendredi 15 mai 2009.

• Lycéens d’aujourd’hui et anciens feront revivre la contestataire "Classe Sauvage" à travers un dialogue animé par un enseignant d’hier (André AUBIN) et un d’aujourd’hui (Luc CHAREYRE).

• Une conférence sur le thème : « La classe sauvage » introduira le livre « Histoire d’hier, Combat de demain »

La deuxième partie, composée de deux autres conférences : « L’Uzége rebelle » et « Une telle histoire pourrait elle être possible aujourd’hui ? », sera accessible au public. Elles se dérouleront à partir de 15 h 30 dans le foyer socioculturel du lycée. L’auteur, Nicole BOUYALA qui a été au cœur du combat et plusieurs autres personnes (élèves, enseignants, parents) qui l’ont accompagnées vous feront revivre cette lutte qui a permis à Uzès de reprendre vie.

L’exposition pourra être vue par le public à partir de 14h 30.

La signature de l’ouvrage clôturera cette manifestation.

La photo de la "Terminale Sauvage" a été gracieusement mis à notre disposition par Jacques ROUX

08:41 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)