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06/11/2013

L'ENLUMINURE par Jean Luc LEGUAY, enlumineur

L’office de la Culture d’Uzès en collaboration avec Histoire et Civilisation de l'Uzège présentent :

L'ENLUMINURE par Jean Luc LEGUAY, enlumineur

Jeudi 28 nov 2013 à Uzès 18 h à l'Evéché (1er étage)

Jean Luc Leguay signe ses parchemins sous le nom de "Héradius A". Il est l'un des derniers maîtres enlumineurs contemporains. A l'heure actuelle, il ne resterait que six enlumineurs réguliers : c'est à dire non issus d'une école d'art avec enseignement collectif, mais d'une filiation de maître à disciple, individuelle et ininterrompue depuis des siècles. Jean Luc Leguay a été initié pendant dix ans à cette science sacrée par un moine ermite de Naples. Depuis la mort de son maître, il est devenu le détenteur d'un savoir initiatique de l'école italienne, et en même temps le premier laïc de cette tradition remontant au VIIIème siècle.

Enluminure.jpg

Le « passeur de lumière » sort de l’anonymat en 1997 : l’enluminure ne saurait rester dans l’ombre élitiste de quelques bibliothèques et musées. Il publie trois ouvrages : Perceval le Gallois (1997), Le livre de l’Apocalypse (2000) et La Divine Comédie (2003) parus chez Albin Michel-Iponée. Il confie son itinéraire unique et les étapes de son initiation dans Le Maître de Lumière (2004 Albin Michel) : il y dévoile des liens subtils qui existent entre géomùétrie et métaphysique, donne quelques secrets de fabrication et, surtout révèle le long - et souvent douloureux – voyage intérieur qui fut le sien.

Entrée libre.

 

13/10/2013

Les Pigeonniers, un patrimoine à redécouvrir

 

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La Zébrine, association de valorisation du patrimoine rural présente une exposition sur ces petits bâtiments que l’on peut voir encore dans la plupart des villages du sud de la France et d'ailleurs, et qui témoignent d'activités passées et oubliées.

Une architecture ingénieuse et originale qui a attiré l'attention de Hanjo Eiffler, un habitant d'Aureilhac, qui s'est passionné pour ces petits édifices, les a photographiés et a réalisé un livre : « Pigeonniers Colombiers » édité par Sud Image en 1994 (un livre bilingue). Il a légué sa collection de photos à ses amis Dieter et Irmgard List, deux Aureilhacois qui ont partagé son intérêt pour ce patrimoine rural et réalisé cette exposition augmentée de quelques clichés des pigeonniers de l'Uzège.

 

Edifiés pour la production de colombine (engrais de fiente de pigeon), la table ou pour abriter les pigeons voyageurs, l’architecture des pigeonniers est fonctionnelle afin de faciliter le nettoyage, le logement et la surveillance des pigeons ou la protection contre les prédateurs.

Au Moyen-Age, la possession d’un colombier à pied (construction indépendante séparée du corps de logis), était un  privilège du seigneur. Pour les autres pigeonniers de tailles plus modestes le droit était attaché à la propriété de terres cultivées, qu’on soit noble ou roturier. La possession d’un pigeonnier s’est démocratisée après la révolution de 1789 au point qu’il est devenu emblématique de l’habitat paysan. L’élevage des pigeons était lié à la proximité de terres cultivées de céréales suffisamment étendues pour subvenir à la nourriture des ramiers. L’abandon de l’élevage du pigeon avec la venue des engrais modernes a contribué au délabrement de nombreux colombiers ou à la reconversion de pigeonnier en pièces d’habitation. Aujourd’hui, ces édifices présentent un nouveau regain d’intérêt pour la lutte contre la prolifération des pigeons en ville.

 

Ronds, carrés, sur pilotis, troglodytes, en brique, en pierre ou en bois, les pigeonniers font partie d’un patrimoine rural à redécouvrir et à préserver.

 

 

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Exposition du 27 septembre au 9 octobre 2013 au temple d'Arpaillargues, tous les jours de 16 h à 19 h. Vernissage le vendredi 27 septembre à 18 h.

 Infos : 06 87 20 51 99

Invitation à l'exposition sur les pigeonniers.pdf

 

12/09/2013

Les mines de phosphates de Saint Maximin et de la Capelle

Le XIXe siècle se caractérise par une très forte croissance de la population. Peu à peu, l'agriculture de subsistance laisse la place à une agriculture productiviste avec l’emploi d’engrais qui contribua à la recherche de nouvelles ressources industrielles. C’est dans ce contexte que commence la prospection des phosphates dans l’Uzége.

La découverte de mines de Saint Maximin

Le 17 mai 1882, M. Bourrely, marchand de vins à Avignon, offrit à la commune qui l’accepta de faire à ses frais des recherches en vue de découvrir des gisements de phosphates de chaux dont l'existence était soupçonnée. Peu de temps après, il céda son projet à Cyprien Gastal, vétérinaire à Remoulins  et Pierre Ardisson, entrepreneur à Uzès, qui reprirent les recherches entreprises et trouvèrent un gisement important.

La concession du bail d’extraction  du minerai de phosphates de chaux fut accordée par le Préfet le 8 avril 1884 pour une durée de 9 ans à la Société Gastal et Ardisson qui commença l’exploitation de ce minerai. Cette adjudication fut bien qu’approuvée, fut ensuite contestée devant les tribunaux à plusieurs reprises. 

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Plan extrait de la carte IGN

 L’exploitation des mines

Dans les plateaux calcaires de l’Uzége, les dépôts de chaux phosphatée se rencontrent tantôt dans des cavités souterraines, tantôt dans de simples fractures de la roche calcaire. A Saint Maximin, les mines, situées sur le plateau au nord-est du village, au lieu-dit les Planes furent exploitées  sous les dénominations de : « Grand chantier », « Petit chantier » et les « Trois Abîmes ».

A la fin de l'année 1885, ces gisements occupaient 86 ouvriers et produisaient environ 200 tonnes par mois (1). De 1886 à 1888, la production restait constante avec 2500 tonnes extraites annuellement. En 1889, elle était réduite à 2000 tonnes.

Par la suite, l'extraction des phosphates n'a fait que péricliter à cause de l’épuisement des filons, de la concurrence et de  la chute des prix. En 1890, la Société Gastal et Ardisson décida  de l'arrêt partiel des carrières de phosphorites de Saint-Maximin. La fermeture définitive eut lieu en 1893, au terme du bail.

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Entrée d'un puits

 Les mines de La Capelle-Masmolène (2)

 Contrairement à Saint Maximin, les gisements de la Capelle se présentent sous forme  de petits affleurements en surface contenant des sables et graviers phosphatés. Situés  au nord du village, leur exploitation fut entreprise à partir de 1888  par Pierre Ardisson et Thomas Jouve.  

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Un hangar et la bascule de la route de Pouzilhac, puis plusieurs bâtiments proches du site principal d'extraction furent construits pour abriter le minerai. A partir de 1889, la production atteignit 150 tonnes  pour parvenir à 200 tonnes en 1890, ensuite à 250 tonnes en 1891, à 400 tonnes en 1892 et livrer 450 tonnes en tonnes 1893. En 1891, Thomas Jouve est mentionné comme seul propriétaire. En 1897, l'entreprise devint la S.A. des Phosphates Fossiles de La Capelle. La production déclina peu à peu est la fin définitive de l’exploitation eut lieu en 1907.

 

(1)  Rapports du Préfet, procès-verbaux des délibérations - Conseil général du Gard 1886

(2) Sources : Wienin Michel ; Inventaire général du patrimoine culturel.

Bernard Malzac

11/09/2013

Guillaume de Nogaret, un Languedocien au service de la monarchie capétienne

L’association Guillaume de Nogaret, histoire médiévale en Bas-Languedoc s’est constituée le 5 janvier 2011, à l’initiative d’un groupe de personnes habitant les territoires (Nîmes, Montpellier) dans lesquels le chancelier de Philippe le Bel possédait plusieurs seigneuries.

Cette association se propose d’encourager les études et la recherche patrimoniale sur Guillaume de Nogaret par la voie de publications et l’organisation de colloques et conférences et, de façon plus générale, d’encourager la recherche sur l’histoire du Moyen-Âge en Bas-Languedoc.

 

Suite à un colloque organisé en janvier 2012, consacré à Guillaume de Nogaret, l’association vient de publier les actes dans un ouvrage intitulé :

 

« Guillaume de Nogaret, un Languedocien au service de la monarchie capétienne »

Sous la direction de Bernard Moreau 

Guillaume Nogaret, association, Lucie éditions, Nimes

Quand on habite entre Nîmes et Vidourle, on peut s’étonner de l’oubli dans lequel est tombé Guillaume de Nogaret, un Languedocien aussi éminent que contesté. Sa place de premier plan auprès de Philippe le

Bel est largement due au rôle qu’il a joué dans la solution de litiges concernant notre région, rôle qui lui a permis de faire apprécier ses mérites par son souverain. Celui-ci, n’oubliant ni les origines de son collaborateur ni ses liens avec la faculté de droit de Montpellier, a su voir tout l’intérêt que présenterait pour lui un meilleur ancrage de Nogaret dans sa province natale. Il lui confia donc la charge de juge-mage de la sénéchaussée de Beaucaire avant de lui attribuer les seigneuries de Calvisson, Marsillargues et Manduel, ainsi que des droits seigneuriaux dans une trentaine de villages autour de Nîmes avant d’en faire son garde du sceau. Nogaret sut s’intéresser à la gestion de ses biens et y procéder à des investissements, même si ses activités ne lui permettaient pas de séjourner régulièrement en Languedoc.

Et pourtant, son rôle aussi bien local que national n’a guère encore été étudié ou n’a fait l’objet que d’études peu accessibles à un public non spécialisé, pour lequel Nogaret est trop souvent limité à son action dans les affaires d’Anagni et de l’Ordre du Temple.

 

Les fondateurs de l’association Guillaume de Nogaret, histoire médiévale en Bas-Languedoc ont pensé qu’une étude plus approfondie de l’œuvre du chancelier de Philippe le Bel était particulièrement opportune. (1)

 

Cet ouvrage est publié par Lucie éditions, 34bis, rue Clérisseau – 30 000 Nîmes – 15 €

 

Pour commander, cliquer sur le lien suivant : Guillaume de Nogaret, un Languedocien au service de la monarchie capétienne

 

(1)   Extrait du 4ème de couverture.

 

08:01 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (7)

04/09/2013

Les stèles céramiques de Montaren et Saint-Médiers (Gard)

Objet d'inventaires depuis quelques décennies, le patrimoine culturel français offre de nombreuses voies de recherches. Bien que ces initiatives fussent longtemps réservées aux monuments historiques, ce que l'on nomme improprement le « petit patrimoine» a acquis depuis ses lettres de noblesse. Sa mise en valeur devient aujourd'hui une priorité car il illustre le savoir-faire et surtout les préoccupations journalières de nos ancêtres.

L'ancien cimetière paroissial de Montaren situé au nord de village, abandonné depuis fort longtemps, débroussaillé à présent, possède des stèles d’un type très original réalisées en céramique.

 

Stèle 3.jpg

 

A la vue de ces monuments funéraires, toute personne sensibilisée à la production céramique reste perplexe devant la maîtrise dont a su faire preuve l'artisan pour réaliser des pièces d'une telle importance. Ces « plaques» de terre cuite possèdent des dimensions impressionnantes (jusqu’à 145 cm de hauteur hors sol pour une largeur variant de 60 à 80 centimètres). Malgré une forte épaisseur (de 9 à 11 cm) ces pièces céramiques ont traversées sans problème toutes les phases de fabrication (moulage, séchage, cuisson). Après avoir subi pendant un siècle les caprices du temps elles apparaissent aujourd'hui parfaitement planes, non fendillées, et parfaitement lisibles. Les dates de décès relevées dans les épitaphes s’échelonnent de 1877 à 1905 et concernent des habitants du village des deux confessions. L'ornementation accompagnant les inscriptions évoque d'ailleurs la religion pratiquée par le défunt et fait oublier l'aspect massif du monument de part la richesse de ses éléments décoratifs. Ces derniers s'inspirent bien évidemment de l’iconographie chrétienne, tracés parfois maladroitement mais qui révèlent une réelle ferveur. C'est justement leur aspect naïf qui apporte à l'ensemble sa beauté et transforme ces humbles pierres tombales en des œuvres touchantes, où l'aspect religieux devient secondaire. Leurs créateurs, vraisemblablement des ouvriers de la briqueterie voisine, ont su exploiter tout leur savoir-faire pour réaliser ces objets inhabituels qui ne figurent dans aucun des catalogues de leur profession. Les maladresses détectées, notamment dans la réalisation des épitaphes, sont autant de témoignages attachants augmentant la valeur culturelle de ces stèles.

Aucun autre lieu dans notre région - et en France - où un tel ensemble de stèles en terre cuite figure. Certes quelques cas isolés existent, tel celui ornant la tombe d'un ouvrier briquetier de Saint-Victor-des-Oules (Gard), mais ils restent anecdotiques. Sur les signalisations des sépultures quelques particularismes régionaux ont été étudiés dans certaines régions françaises:

     -   En Languedoc-Roussillon, les stèles discoïdales ont fait l'objet de plusieurs études. Sculptés dans la pierre, des exemplaires existent toutefois hors de celte région,

   -    Certaines pierres tombales du Pays Basque (également en pierre) se distinguent de par les rehauts de peintures vives dont elles sont décorées,    

    -    Les artisans du département du Gers à la même époque (fin XIXe siècle) utilisaient fréquemment le bois pour confectionner ces monuments funéraires.

 

Mais la terre cuite reste absente dans la réalisation des stèles. Les archéologues la rencontrent dans la confection des tombes, puisque dès l' Antiquité les hommes ont parfois utilisés des tuiles plates (tegulae) ou courbes (imbrices) disposer de champ pour la confection des caissons, recouverts ensuite de terre. Les seuls éléments céramiques présents sur les sépultures restent les poteries, possédant alors la fonction d'offrandes faites aux défunts. Les dimensions des stèles, telles celles de Montaren et Saint-Médiers, impliquent la présence à proximité du village d'un atelier de briquetier/tuilier dont seuls les fours avaient la capacité adéquate pour cuire ce type d'objets. Ce simple fait explique le caractère exceptionnel de ces réalisations et leur rareté sur l'ensemble du territoire français.

 

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Les monuments funéraires de ce village présentent donc un intérêt indéniable. De part leur nombre, leurs qualités esthétiques et historiques, ces stèles méritent d'être sauvegardées car elles illustrent un aspect méconnu de l'art funéraire. Outre le respect élémentaire du devoir de mémoire, il s'agit de préserver un patrimoine matériel, reflet de l'histoire d'une communauté. Si la religion a souvent opposée ses habitants au cours de son histoire, ils ont su se retrouver au-delà de la mort en laissant aux mêmes artisans la confection d'un même type de sépulture où seule l'épitaphe permet de distinguer leur préférence spirituelle.

La commune de Montaren-Saint Médiers a la chance de posséder avec ces sépultures, un ensemble de données offrant différents thèmes d'études possibles. Il serait donc incompréhensible de les négliger alors que leur sauvegarde peut être assurée aisément. Trop d'éléments de notre patrimoine, les exemples restent malheureusement nombreux, n'attirent l'intérêt qu'après leur quasi destruction par les hommes ou les caprices du temps. Pour une fois il serait souhaitable de devancer cette tragique finalité, respectant ainsi les actes et pensées de nos ainés.

Texte et photos d’André Leclaire

 

19:50 Publié dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (6)