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16/08/2012

Mémoire d’Histoire en Uzége et Gard n° 7 vient de paraître

Mémoire d’Histoire en Uzége et Gard vient de publier le  7ème numéro de sa revue qui parait semestriellement.

Mémoire, Histoire, Uzége, Gard, Uzès, Blauzac, louve, Abauzit, passage, Vallabrix, Gilly, général, cimetière, archives

 On trouvera au sommaire :

-          La chasse au loup, la louve de Vallabrix et la rage en Uzège en 1851,

-          Des lettres peu connues sur la récupération des Archives d’Uzès après l’explosion de l’Hôtel de Ville en 1763,

-          Le général Laurent Gilly né à  Fournès, officier de Napoléon.

-          Les Cimetières de Blauzac.

-          Des articles divers traitant de l’Uzège. (La famille Hérisson aux Malarèdes, les Eaux de Nîmes, Paul-Emile Goguillot, qu’es aco des ortolisses, des encres et gouaches sur Blauzac de Sylvie Méric-Roussel

 

Dans l’avant-propos, Marie-Dominique Truffaut  indique  le but visé par la revue :

 

« …Dans nos villages à la vie simple, les traditions perdurent grâce à la ténacité de leurs habitants. Cette mémoire de l’histoire locale fait toute notre originalité et notre différence. C'est cette substance nourrissante qui est notre richesse, il serait dommage de la perdre au profit d’une histoire et des traditions qui ne seraient pas les nôtres et dont nous ne saurions que faire. Tout comme des arbres sur un sol lessivé par des torrents de pluie nos racines mises à nu se détacheraient, notre terre serait vouée à la désertification, le passé et la mémoire s'estomperaient et tomberaient dans l’oubli. Ne laissons pas dormir notre passé, mieux nous le connaîtrons plus nous l’aimerons et le revendiquerons. »

 

Pour donner un avant-goût des articles contenus dans cette revue, je citerai un extrait de l’article sur le passage de la louve dans l’Uzége (1) en 1851 :

 

« Jean Chabanon, né à Castillon du Gard en 1802, est une notabilité d'Uzès. Docteur en médecine, député au corps législatif de 1861 à 1863, il est chirurgien en chef de l'hôpital d'Uzès, médecin des épidémies de l'arrondissement et membre de plusieurs Sociétés Savantes. En 1851 Chabanon traitera avec succès des personnes atteintes de la rage, en préconisant l'usage de l'acide sulfurique directement sur les plaies ouvertes; on renouvelait l'opération tant que cela était nécessaire nonobstant des brûlures profondes, des cicatrices et des douleurs intenses dues aux brûlures de l'acide ... Mais nombre de victimes, soignées de cette façon dès la morsure, lui devront la vie sauve.

 

Juillet 1851 à Vallabrix. Les moissons sont sur leur fin. Sur les aires, surchauffées par le soleil de midi, le travail s'est arrêté le temps d'une sieste. Les hommes sont torse nu, pantalon de toile et chemise ouverte. Alignées à l'entrée du village les charrettes vides dispensent une ombre rare aux ouvriers et aux enfants qui travaillent aux champs. Sans qu'on ait pu s'y attendre, apparaît une bête au museau englué de bave ; elle s'avance sans bruit vers les dormeurs et bondit si rapidement qu'ils n'ont pas le temps de réaliser ce qu'il leur arrive : sept personnes seront mordues par la louve en un temps record.

 

Hippolyte Gay, 7 ans, est atteint le premier au visage, aux jambes et au flanc droit, on relèvera douze plaies profondes sur son corps.

 

Théodore Gay, 13 ans, son frère qui dort couvert d'un simple drap, est mordu profondément à la nuque.

 

Joachim Gay, un cousin, est mordu au genou quatre fois.

 

Louis Guérin, 22 ans, est atteint à la poitrine, à travers sa chemise.

 

Joseph Patrice, 18 ans, subit six morsures profondes à l'épaule.

 

Isidore Ance, 17 ans, douze plaies à la cuisse et à la main.

 

Jean Aubert, 45 ans, dix plaies à la fesse et à la cuisse droite.

 

Des journaliers accourent munis de fourches et de faux mais c'est trop tard, l'animal s'est enfui vers la grand-route où il se jette sur Jean Ferrant de Sagriès, un marchand qui se rend à la foire annuelle par  le chemin de Bagnols. La louve le mord à travers son pantalon de velours puis s'attaque au chien des Gay, à un cheval, à des moutons. Tous ces animaux mourront dans le mois qui suit.

 

Félix Huchet, 18 ans, attaqué sur le chemin de Pouzilhac ne survivra pas à ses blessures.

 

François et Philibert Gueilem ainsi que Pierre Mathon de la Capelle, disparaîtront dans les semaines suivantes.

 

Crouzet de Montaren mourra sept mois plus tard malgré la cautérisation des plaies et l'absorption de pilules merveilleuses.

 

Les sept blessés de Vallabrix sont soignés en urgence par le docteur Chabanon avec son procédé à l'acide sulfurique combiné à des décoctions de genêts et à des purgatifs puissants. Tous en réchapperont, sauf la petite Charre de Montaren que la louve avait mordue et traînée sur plusieurs mètres ; son père, jugeant le traitement de Chabanon trop barbare, avait fait confiance à une poudre achetée sur le marché de Bagnols, poudre qu'il fallait diluer dans de l'eau sucrée… »

 

Les différents numéros de la revues sont disponibles au siège du MHUG (43, Montée des Coteaux) à Blauzac et au bureau de poste de Blauzac.

 

(1)  Lire le roman écrit par François-Guy Abauzit « Passage de la louve en pays d’Uzège - Souvenirs imaginaires suivis de quelques considérations relatives aux travaux du docteur Chabanon » Lucie éditions 2010

14:19 Publié dans Revues | Lien permanent | Commentaires (0)