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26/04/2012

Conférence : Les poilus d'Uzège-Gardonnenque dans la Grande Guerre

La Commission Archives et Patrimoine de l’Association des Amis du Musée vous invite à une conférence sur le thème : « Les poilus d'Uzège-Gardonnenque dans la Grande Guerre ». Elle sera animée par Michel Gratier de Saint Louis, enseignant retraité, qui a réalisé un travail inédit et très documenté sur ce territoire.

 

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Plus d’un demi-millier d’hommes, jeunes pour la plupart, sont « morts pour la France » sur les champs de bataille de France et d’Orient.

 

Nés dans les cantons ruraux d’Uzès et de St Chaptes pour la grande majorité d’entre eux ils constituèrent le gros des troupes de l’infanterie. Présents sur l’ensemble du front occidental ils moururent surtout entre Argonne, Verdun et Woëvre. S’ils moururent tout au long du conflit, ils furent particulièrement nombreux durant les phases de « guerre de mouvement » notamment en 1914. Le canton de St Chaptes paraît avoir payé un tribut proportionnellement plus élevé que celui d’Uzès.

 

Mais, au-delà du recensement des morts, il faut aussi comptabiliser les veuves et les orphelins désormais reconnus « Pupilles de la Nation ». Le bilan est très lourd. Et, devant l’énormité du sacrifice consenti par les poilus, les familles endeuillées, les survivants, les autorités, la Nation toute entière, se sentirent obligés de célébrer ce sacrifice.

 

 

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Monument aux morts de Saint Victor les Oules

 

Cette commémoration s’est matérialisée par l’érection, dans le plus humble village ou la grande ville, selon les moyens financiers de chacun, d’un monument, d’une stèle ou d’une simple plaque.

 

Cette conférence aura lieu jeudi 26 avril 2012 à 18 h à la salle des Archives au 1er étage de l’Evêché à Uzès (Entrée libre et gratuite)

 

 

23/04/2012

HCU - Bulletin n° 122

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Sommaire :

- Le mot du Président : A propos de fèves.

- Cabane en pierre sèche remployant des meules de moulins à Montbazin (Hérault) par Christian Lassure  

- Un patrimoine d’Uzès en danger !  Deux monuments en danger : le pont roman sur les Seynes et le gibet sur le chemin de Justice

- Quelques notes sur l’exploitation des mines d’argile réfractaire à Saint Victor-des-Oules

- Compte rendu de la conférence de Colette Dumas sur Dhuoda

- Compte rendu sortie au Musée lapidaire d’Avignon

- Compte rendu de la visite au Moulin d’Uzès (huile d’olives) et à Bornègre


Adhésion à l'association :
- individuel : 13 €
- couple : 20 €

 

 

11/04/2012

Dhuoda, sa vie, sa personnalité par Colette DUMAS

Si l’on en croit Eugène Germer-Durand (1) le nom de Bertille inscrit sur l’épitaphe (2) qui se situe sur les restes de l’abside droite de l’église Saint Génies  à Uzès serait une des proches compagnes de l'infortunée de Dhuoda :

 

 « V  KALENDAS : MADI  OBIIT  BERTIL

 LE  BON (AE) MEMORIA (E)  IN  DOMINE

 

Saint Génies, Uzès, évéché, Dhuoda, église, évêque, Septimanie, Elephantus, art roman, architecte, consécrationGermer-Durand

 

« Le cinq des calendes de Mai est morte dans le Seigneur, Bertille, de sainte mémoire. »

 

Cette inscription n’est pas la seule preuve de l’existence de Dhuoda à Uzès. Lors de son exil auprès de l’évêque Elephantus, elle a écrit ce que l’on considère comme le premier manuel d’éducation à l’usage de ses fils dont elle était séparée.

C’est pour parler de cette femme que Colette Dumas est docteur en histoire de l’art a choisi de nous parler de cette première femme écrivain, Dhuoda, une femme de la Renaissance carolingienne.

Voici un extrait de l’avant-propos qui situe très bien le destin à la fois tragique et grandiose d’humanité de cette princesse :

« Dhuoda » - Ce nom donné à une rue d’Uzès, est aussi celui d’une rue et d’un lycée  de Nîmes. Nom sans âge, étrange, qui éveille la curiosité. On le trouve au hasard d’une lecture sur l’histoire des deux villes : c’est celui d’une carolingienne du IXe siècle qui a rédigé à Uzès un petit manuscrit intitulé « Liber manualis », soit «Manuel». Si nous nous y intéressons particulièrement dans notre région, c’est grâce à la découverte à Nîmes vers la fin du XIXe siècle d’une copie de manuscrit datée du Xe ou XIe siècle, hélas fragmentaire et détériorée. Fort heureusement, Édouard Bondurand, un archiviste de la ville, s’est attaché à déchiffrer l’écriture en minuscule caroline alignée avec soin sur les pages du parchemin. Il en a fait la traduction du latin au français afin de le mettre à la portée de tous. Un autre travail de fourmi, de comparaison avec une autre copie de manuscrit de datation ultérieure (XVIIe siècle) conservée à la Bibliothèque Nationale de Paris, lui a permis d’en combler les lacunes. Il a ainsi tenté de s’approcher au mieux du texte de l’original disparu, celui dicté par Dhuoda à un clerc nommé Guilbert, Wislabert selon les traducteurs.

 

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Le Manuel pour mon fils est un précieux outil pour affiner les connaissances des historiens sur cette époque tumultueuse qui voit l’éclatement de l’empire de Charlemagne. En effet, Dhuoda y fait allusion aux troubles historiques survenus au cours de sa vie. Par ailleurs, c’est un touchant témoignage humain puisqu’elle y apparaît avec une sincérité et une grande dignité et, sous couvert de « miroir » moral, elle s’y exprime sans pathos, humblement et avec des mots mesurés qui cachent par pudeur un pur amour maternel frustré et, parfois, un grand désarroi personnel….

 

…Par ailleurs, la vie tragique de cette femme remarquable a inspiré tout naturellement les érudits de notre région et même éveillé parfois quelques fantasmes chez les romanciers. Où est la vérité ? Nul ne le saura jamais. Tout semble dit, écrit, publié, mis à la disposition de tous. Y a-t-il encore quelque chose à rajouter ? Et, pourquoi pas ?

Hantée par Dhuoda, j’ai flâné dans la ville d’Uzès à la recherche de traces des édifices où elle a vécu. À ma grande déception je n’en ai pas retrouvé car le passé architectural de la ville les a recouvertes de ses strates : À la cité épiscopale primitive du Ve siècle a succédé au moyen âge le quartier canonial de l’évêché autour de la cathédrale Saint-Théodorit flanquée de sa tour en dentelle du joli nom de « Fenestrelle ». En vis-à-vis vers l’ouest, le castrum primitif seigneurial d’Ucetia n’est plus. C’est maintenant le « Duché » avec sa tour Bermonde et deux autres tours, celle de l’évêque et celle du roi. Mais encore aujourd’hui, vers l’est, une fois les édifices romans dépassés, c’est la nature. J’ai tenté d’y retrouver l’esprit de Dhuoda dans son face à face avec les douces collines qui bordent la vallée de l’Eure…. »

 

 

(1)  Professeur au Collège de l’Assomption (Collège Feuchères en 1920) en 1848, il devint aussi directeur de publication sur le journal lancé à Nîmes en 1848 par le P. d’Alzon, « La Liberté pour tous» et, de même, « La Revue de l’Enseignement chrétien ». A la passion de l’étude, M. Germer-Durand joignit celle de la recherche archéologique et bibliographique. Il fut membre de l’Académie de Nîmes,  participa au Comité d’Art chrétien et fut choisi comme bibliothécaire de la ville.

(2)Cette inscription encore visible se dégrade de plus en plus et sa disparition est programmée si rien n’est fait pour sauver ce qu’il reste.

 

Vous pouvez vous procurer ce livre en le commandant à Lucie éditions ou par une simple demande par l’adresse mail de ce blog (prix : 12 € + frais d’envoi 2,40 €)

 

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 Les ruines de l'église Saint Génies à Uzès

13:47 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4)