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19/04/2010

Histoire d’hier, Combat de demain - Lycée d'Uzès 1974 – 1980

La Convention de l’UNESCO de 2003 définit le patrimoine culturel immatériel ou patrimoine vivant comme « les pratiques, représentations, expressions, ainsi que les connaissances et savoir-faire que des communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel» et précise : « procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité »

L’histoire du combat mené de 1970 – 1980 pour la sauvegarde du lycée d’Uzès s’inscrit tout à fait dans l’esprit de la convention et fait partie intégrante de notre patrimoine.

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Sur ce sujet, les Editions « Champ Social » viennent de publier un livre intitulé : « Histoire d’hier, Combat de demain » écrit par Nicole BOUYALA et préfacé par Bernard PINGAUD.


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Dans cet ouvrage, il est question de la bataille menée, dans les années 1970, pour s’opposer à la fermeture décidée par le Rectorat du Lycée d’Uzès. La victoire a été obtenue après six années grâce à l’audace, la persévérance, l’imagination et l’esprit citoyen qui ont marqué cette lutte exemplaire.

La plus spectaculaire des actions menées fut la création d’une « Terminale Sauvage ». Elle fut aussi déterminante. Deux ans après, le lycée obtint la création d’une terminale scientifique indispensable à sa survie, et fut réinscrit à la Carte Scolaire en 1980.

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Carole BERTHELEMY - Martine BLANC - Philippe BOUYALA - Frédéric CHARMASSON - Ghislaine CHARMASSON - Philippe CORTICCHIATO – Guy DARBOUSSET – Olivier FERNANDEZ - Maria ROQUES - Martine ROURA - Elisabeth VACHIER.

Cette démarche est apparue intéressante pour permettre la compréhension de cette histoire ancienne et son rapport avec l’histoire d’aujourd’hui. Si on ne refait jamais l’Histoire avec un grand H, on peut en refaire une lecture qui montre à des élèves déjà confrontés à la difficile problématique de l’enseignement, comment on peut parfois influer sur des décisions venues d’en haut.

Il ne s’agit pas de faire la révolution, mais de prendre conscience que lorsque l’on s’engage dans une lutte, les paramètres sont nombreux, et que les décisions prises conduisent parfois beaucoup plus loin qu’on ne le pensait.

Les onze élèves de Première C et D (telles étaient les terminologies de l’époque) qui ont fait le choix en accord avec leurs parents de ne pas accepter de partir à Nîmes, Alès ou Bagnols pour effectuer leur Terminale n’ont sûrement pas réalisé, au départ, l’audace de cette décision. Les unes et les autres n’ont pas imaginé quand ils ont participé à cette « Terminale Sauvage » qui a marqué un tournant décisif dans le « sauvetage du Lycée », qu’ils étaient en train de construire localement l’Histoire de demain. Ils ne voulaient pas quitter leur ville, se séparer de leurs copains, de leur milieu, ce n’était pas une conviction qui les animait c’était plutôt le refus d’aller ailleurs.

Au fil des jours, au fur et à mesure face à l’intérêt qu’un peu partout leur démarche a provoqué, ils, elles ont pris conscience de l’importance de l’enjeu.

Le souci de la réussite au bac, primordial au départ s’est peu à peu effacé pour laisser place à la découverte de nombre de valeurs ignorées jusqu’alors :

La solidarité, la prise de conscience d’une lutte, les limites de l’autogestion etc.…

Ils se sont découverts comme acteurs d’une cause dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur et les conséquences sur le développement même de leur lieu de vie.

Peut-on en 2009 imaginer cette ville et cette petite région l’Uzége sans lycée ?

Combien de familles ne s’y seraient pas installées, combien d’autres l’auraient quittée ?

Les Onze « sauvages » n’avaient pas pensé à tout cela.

C’est dans ce lycée Charles Gide maintenant prospère avec ses 735 élèves (l’effectif était descendu jusqu’à 95 en 1975) que l’ouvrage sera présenté, en première, au public uzégeois avant de prendre son envol national.


Manifestation autour du livre

En collaboration avec le Proviseur, Jean Michel CABANIS et la communauté éducative du lycée Charles GIDE, une manifestation sera organisée le Mardi 19 mai 2009.

Le programme proposé comprendra une première partie réservé aux élèves :
• Une exposition conçue à partir d’articles de presse sera présentée au CDI à partir de vendredi 15 mai 2009.

• Lycéens d’aujourd’hui et anciens feront revivre la contestataire "Classe Sauvage" à travers un dialogue animé par un enseignant d’hier (André AUBIN) et un d’aujourd’hui (Luc CHAREYRE).

• Une conférence sur le thème : « La classe sauvage » introduira le livre « Histoire d’hier, Combat de demain »

La deuxième partie, composée de deux autres conférences : « L’Uzége rebelle » et « Une telle histoire pourrait elle être possible aujourd’hui ? », sera accessible au public. Elles se dérouleront à partir de 15 h 30 dans le foyer socioculturel du lycée. L’auteur, Nicole BOUYALA qui a été au cœur du combat et plusieurs autres personnes (élèves, enseignants, parents) qui l’ont accompagnées vous feront revivre cette lutte qui a permis à Uzès de reprendre vie.

L’exposition pourra être vue par le public à partir de 14h 30.

La signature de l’ouvrage clôturera cette manifestation.

La photo de la "Terminale Sauvage" a été gracieusement mis à notre disposition par Jacques ROUX

08:41 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)

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