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19/04/2010

Le Priape d’Aureilhac - Conférence d'Alain GAS

Samedi 20 septembre 2008, après la cérémonie de réception et du classement au titre des Monuments Historiques de la statue du Priape d’Aureilhac, Alain Gas (1) a proposé une conférence sur le thème : " Priape, des rituels ancestraux aux fantasmes intemporels "
Avec son aimable autorisation, nous vous présentons l’intégralité de son intervention :

1 - Cette exhumation d'une statue romaine à Aureilhac par Monsieur Mercier, cela faisait longtemps que mon ami Bernard Dortindeguey m'en avait parlé. Le fait qu'il s'agissait d'un "Priape" ne pouvait qu'exciter l'imagination. De fait, je m'attendais naïvement à voir une sculpture montrant un adolescent nu, exhibant un sexe surdimensionné, comme il y en a dans les boutiques de Grèce pour appâter les touristes. Surprise de découvrir une statue grandeur nature représentant un personnage aux allures de notable.
Les "notables" dignement vêtus étaient nombreux dans notre région romanisée. Ils habitaient Nemausus (Nîmes), ville majeure de la province Narbonnaise, transformée en copie de Rome à l'époque augustéenne, en même temps qu'Arelate (Arles), et, peut être (sur un mode plus mineur), qu'Uzetia (Uzès). Les riches gallo-romains occupaient aussi des domaines campagnards qui furent souvent à l'origine des villages qui se développèrent au lendemain de l'an Mil (ainsi d'Aureilhac et d'Arpaillargues).
Rejoignant Clermont où il allait être promu évêque, Sidoine Apollinaire traversa notre pays en 465, alors que l'empire déclinait. Il fit une description élogieuse des domaines de Vorocingus et de Prusianum où il fit étape : "Les collines qui s'élèvent au-dessus des maisons sont cultivées en vignes et en oliviers (...) L'une des demeures a vue sur un paysage plat et ouvert, l'autre sur les bois ; mais leurs sites n'en procurent pas moins un égal plaisir (...) La rivière coule à égale distance entre les deux maisons (...) elle coule sur un lit transparent, calme, plein de cailloux, non sans être pour autant riche en poissons délicieux". La rivière, c'était notre Gardon... sur les rives duquel les vestiges gallo-romains pullulent. Si aucun de ceux-ci n'attestent les villae dont Sidoine a parlées, il est possible de les situer du côté de Russan, de Brignon (dont l'oppidum, "Briginn", est attesté) ou de Maruéjols (dont le nom gaulois signifie "la grande clairière").
Aux lisières des garrigues, le bassin alluvionnaire de la Gardonnenque et celui de l’Uzège ressemblent à une "Terre promise" qui n'attendirent pas les Romains pour être exploités. Les fascinantes statues-menhirs que l'on a déterrées, en même temps que les céramiques ou les statues de l'Antiquité - à l'époque des premiers labours profonds - démontrent que des sociétés humaines se sont épanouies ici, depuis au moins cinq mille ans. Les Romains y sont arrivés au II° siècle avant notre ère. "Arrivés" plutôt qu'ils n'ont conquis : autant qu'en Campanie ou en Toscane, les Romains étaient ici chez eux, dans une "Gaule" typiquement méditerranéenne et déjà fortement hellénisée.
Ce territoire entre mer Méditerranée, vallée du Rhône et montagnes cévenoles a, de tous temps, était un espace de rencontres. Si la "renaissance" qui engendra la modernité occidentale a rimé chez nous avec une "réforme" qui s'est plus communément implantée dans l'Europe septentrionale (le calvinisme), les raisons en sont multiples. La première est sans doute à chercher dans une vocation multiséculaire de brassages culturels et intellectuels qui, très longtemps, s'est articulée autour de questions religieuses. Dans cet esprit, nous ne sommes nullement surpris de voir surgir près d'Aureilhac - hameau dont le nom atteste l'origine gallo-romaine, développé autour d'une admirable église romane anciennement fortifiée - une divinité païenne importée d'Asie mineure : Priape.

2 - Les Romains ont développé des capacités techniques exceptionnelles, en quoi ils sont nos ancêtres directs. Leur culture lettrée, leurs valeurs spirituelles, ils les devaient aux apports orientaux, grecs notamment. Priape est parvenu chez eux dans le sillage des divinités mythologiques et olympiennes, parmi lesquelles Zeus, le tout puissant, Dionysos - son fils, dieu des plaisirs - et Aphrodite - la déesse de l'amour -, romanisés en Jupiter, Bacchus et Vénus.
Priape aurait été le fils d'Aphrodite... Mais la trop belle déesse était frivole : qui fut donc le père ? Voici une question récurrente qui, jusqu'à l'invention de la pilule contraceptive et la détection de l'A.D.N., a continuellement tourmenté les hommes-mâles. Ne cherchez pas ailleurs le pourquoi de la soumission à laquelle furent maintenues les femmes depuis l'origine de l'Humanité ! Aphrodite - on s'en serait douté - ne put se soustraire aux étreintes de Zeus qui, pour trôner divinement sur un nuage, n'en devenait pas moins très viril dès qu'il mettait pied à terre. Aphrodite, aussi, fit une escapade - évidemment amoureuse - avec ce débauché de Dionysos. La question de savoir qui de Zeus ou de Dionysos fut le papa de Priape n'a jamais été tranchée. Et Priape ayant été pétrifié - comme on le vérifie à Aureilhac -, on ne le saura jamais : son A.D.N. est à jamais perdu (et les A.D.N. de Zeus et de Dionysos de même, à jamais évaporés dans les nuées) ! Ce qui est sûr, c'est que cet enfant naquit sous le signe d'une terrible malédiction. La cause, ici encore, est d'une banalité extrême : la jalousie. Héra, épouse perpétuellement trompée du surpuissant Zeus, aurait jeté un mauvais sort sur le divin bâtard : il apparut au grand jour laid et difforme. Si répulsif que la belle Aphrodite l'abandonna à des bergers.
Difforme, Priape l'était par la partie habituellement cachée du corps : le sexe qui, chez lui, prit des proportions considérables et ne tarda pas à se stabiliser dans un état qui chez l'homme-mâle normal n'est qu'éphémère - trop éphémère, hélas ! - : le pénis de Priape était en érection permanente.
Ainsi fut-il très naturellement promu dieu de la fécondité. Fécondité et fertilité : les qualités que les humains ont toujours privilégiées dans leurs requêtes aux divinités... Même les Chrétiens qui, avant de songer au Royaume du Très-haut, se souciaient d'abord de leurs intérêts terrestres, allant processionner au nom de tous les saints – ces saints qui n'étaient que les divinités païennes christianisées... ces saints que Calvin prit soin de renvoyer au rayon des superstitions.

3 - Dupliqué à l'infini par les sculpteurs, Priape - statufié - vint se poster en gardien et en fécondateur des jardins et des propriétés agricoles, aux quatre coins de l'empire romain, y compris à Arpaillargues et Aureilhac. Avec sa dégaine pas très catholique - et pas très olympienne, non plus -, ce Priape assumait, en vérité, une fonction noble entre toutes : "que vos récoltes soient bonnes”... ”Et vos épouses fécondes”, doit-on certainement comprendre, étant supposé que des statuettes de Priape devaient trôner dans les chambres nuptiales.
Priape se rattache donc à des cultes aussi primordiaux qu'archaïques. Pas si “archaïques” que cela puisqu’avec son phallus dressé, il appartenait à la deuxième génération des divinités. Quand le principe mâle prit le dessus par rapport au principe féminin qui, naturellement, semble avoir été premier. Priape a pris la relève des déesses-mères, garantes originelles de la fécondité. Ces déesses qui n'avaient plus leur place dans les sociétés terriblement machistes de
Moyen Orient et du bassin méditerranéen (côté gaulois et celte, les mâles ne devaient guère être plus tendres avec les femmes !). Déesses que, précédemment, on allait honorer près des sources et que des représentations tardives restituèrent de la même façon que le Priape d’Aureilhac : soulevant leur jupe pour dévoiler l’Origine du monde, ainsi de l’Égyptienne Isis. Ou, plus troublante encore, l’énigmatique Baubô qui aurait libéré Déméter de sa mélancolie en révélant un ventre-visage qu’elle aurait rendu expressif et souriant… en dansant (c’est l’origine de la danse du ventre).
Voilà une évocation qui peut inspirer quelques regrets : si les sociétés méditerranéennes avaient continué à privilégier des divinités féminines plutôt que de brandir leurs attributs virils, le monde assurément aurait un tout autre visage !
Les déesses, les peuples de la Protohistoire allaient les vénérer aux abords ou au sommet des montagnes sacrées. Comme on peut le vérifier chez nous à la "Fontaine" de Nemausus ou, plus spectaculairement, - en hautes Cévennes - sur la cham des Bondons, au cœur d’un paysage souverainement féminin où jaillissent les sources et qui touche le ciel. Mutation fondamentale, nos ancêtres plantèrent là des menhirs.
… Le menhir : simple borne signalétique ou effigie à la symbolique évidemment phallique.
Avec Priape - quelques vingt siècles plus tard -, la symbolique se précise et se radicalise : l'homme, désormais, se sent maître de son destin ; il met la Nature sous sa coupe... Le menhir devient phallus. Le Romain d'il y a deux mille ans préparait l'avènement de l'homme occidental qui mettra la Nature en coupe réglée.

4 - Cette représentation priapique restait cependant rustique, et même franchement grossière. Quand la civilisation s’affina, le message symbolique de Priape se révéla - passez-moi l'expression - un peu court ! L'histoire de sa naissance et celle de sa vie montrent qu'il s'agissait d'une divinité inaboutie, hybride. Plutôt que d'incarner la puissance, Priape en vint à signifier la maladresse, l'échec… mais d’abord la honte et cette sotte culpabilité que le christianisme généralisera !
Pour les Grecs, le sexe priapique semble s’être rattaché à la sauvagerie et à la barbarie… au grotesque. En effet, le pauvre Priape en était resté à un stade intermédiaire : moitié bête (il eut pour concurrent l'âne), moitié homme. Mais si le satyre affichait sa double identité par sa physionomie même, Priape, quant à lui, avait l'apparence humaine. Pour monstrueux qu’il fut, il était d’abord homme. Il est même possible d’affirmer que personne, mieux que lui, ne représenta aussi bien l’homme mâle, du moins dans sa dimension physique. Car c’est d’abord le sexe qui distingue l’homme de l’animal. Le sexe ou plutôt la sexualité… Le bonobo mis à part, les mâles d’espèce animale ont des sexualités intermittentes, cycliques et saisonnières ; au contraire, l’homme-mâle est soumis à des stimuli sexuels permanents. L’organe sexuel qu’il a de taille modeste, voire ridiculement petite, a des correspondances gigantesques dans le cerveau. Le premier drame de l’homme-mâle est d’être affublé d’un pénis de Petit Poucet aux érections épisodiques et volontiers capricieuses, mais d’être aux ordres d’un désir insatiable que seul Priape semblerait être en mesure de combler.
Mais s’il est un domaine où il ne faut surtout pas se fier aux apparences, c’est celui de la sexualité. Pour exhiber un phallus géant, Priape n’en était pas moins impuissant. Telle fut sa réelle malédiction. Tout bandant qu'il ait été, son membre viril ne procurait aucun plaisir à Priape ; et son sperme - si tant est qu'il y en ait eu - restait stérile. Vie calamiteuse que celle de Priape. Au point qu’il devint un sujet de moquerie et un exemple d'obscénité. Façon, peut-être, d'évacuer un problème sans solution rationnelle par la dérision : le sexe n'est pas honteux, il est rigolo !


Voir le Priape d'Aureilhac


5 - Du jardin - dont Éden est la référence incontournable - à la chambre à coucher... De l'agriculture pratiquée au grand jour aux attouchements nocturnes qui tournent vite à la
cul-turomanie : voilà le vertigineux dilemme qui, de tout temps, a perturbé l'homme et que la figure de Priape a symbolisé de singulière façon. Quel mâle, en ce bas monde, n'a-t-il pas fantasmé d'être doté d'un membre priapique en rejoignant la chambre conjugale ? En serait-il doté qu'il en serait bien embarrassé. Transformé qu'il serait en machine à forniquer, tel que Fellini se plut à représenter Casanova : un robot condamné à répéter le même acte primitif... Acte bestial pour tout dire. C'aurait été le triomphe du féminin dont la capacité à jouir est infinie ; et la défaite du masculin réduit à une fonction mécanique.
La réalité, heureusement, fut toute autre - dommage, peut-être, pour les dames ! - : la puissance phallique des mâles n'est qu'épisodique ; plus couramment, les hommes mâles ont mieux à faire… Entre autre, séduire leurs partenaires femme : ce qui a donné l'amour. De l'éros à l'agapè, l'amour oblige les hommes à ouvrir les yeux et à cultiver leur sensibilité. Processus qui fait de lui un humain. Où l’affaire se compliqua : quand les Romains se firent chrétiens, Priape fut sans ménagement rangé dans le camp de Satan. Son phallus érigé rappelait trop l'origine animale de l'homme. Ce membre ordinairement à géométrie variable soulignait trop la vulnérabilité physique - et psychique - de l'homme-mâle. Priape ou le fantasme du mâle surpuissant : les chrétiens le nieront... Pour mieux en affirmer la diabolique démesure par le biais des techniques qu'ils mettront au point pour définitivement mettre la Terre-mère à leur merci.

6 – Alors ! Que des notables gallo-romains se soient fait représenter avec le sexe de Priape pour garantir la prospérité de leurs champs semble avoir été un épiphénomène courant, mais assez superficiel. De fait, vous chercherez en vain des développements sur Priape dans les ouvrages savants traitant de l'Antiquité. Récurrence superstitieuse : sans doute ; voire tradition que nous qualifierions aujourd'hui de folklorique : la statue de Priape comme un épouvantail pour effrayer les moineaux. "Le sexe et l'effroi", tel est le titre d'un maître-livre écrit par Pascal Quignard… Cette question était au cœur des préoccupations des hommes de l'Antiquité épris de "bonne vie" ; les chrétiens la résolurent abruptement. Le sexe fut maudit, et aussi la femme, cette tentatrice, depuis Ève, notre mère à tous.
Le membre du Priape d'Aureilhac - dont on devine la remarquable proportion - a été prestement brisé, sans doute quand son propriétaire se convertit au christianisme. "Cachez ce sexe que je ne saurais voir" a-t-il du s'écrier à sa façon. Mais on ne se débarrasse pas d'un tel dilemme d'un coup de marteau. Le sexe ne cessera d'empoissonner un christianisme si pudibond qu'il finira dans un moralisme étriqué, chez les protestants comme chez les catholiques. En refoulant ce problème jugé honteux, les chrétiens l'ont par conséquent transposé ailleurs. Se défendant de devenir une machine sexuelle, l'homme de la modernité occidentale va se vouer au culte de la mécanique. Ce phallus géant qu'exhibait Priape pour pouvoir en rire - et, dans la pénombre des chambres, en jouir à sa modeste mesure - se métamorphosa en machine infernale.

7 - L’enfer serait-il au sortir du jardin paradisiaque qui a été le nôtre, heureuse génération d’après Mai-68 ? C’est ce que des indices de plus en plus ténébreux semblent indiquer. La machine née de la technologie des XIX°-XX° siècles a eu maints effets bénéfiques : ceux dont nous avons bénéficié pour nous émanciper des conformismes d’antan. Les femmes, surtout, qui ont pu faire une révolution des mœurs qui vaut nouvelle Genèse. Êve en est sortie métamorphosée et rajeunie ; Adam, par contre, a pris un sacré coup de vieux ! Aux dernières nouvelles, le Nouvel Adam a mal à sa virilité. Cerné par les images qui ont fait passer l’érotisme à l’heure de la pornographie, il traîne son sexe, plus incertain et honteux que jamais. Pour tenir debout, il lui faut trouver des compensations. Le surdimensionnement priapique s’est porté sur les prothèses dont l’homme-consommateur se dote désormais pour affronter le monde.
La machine s’est faite robot… Et comment ne pas considérer que le robot s’impose comme l’aboutissement du fantasme “priapique” de cet homo que l’on a un peu hâtivement qualifié de sapiens ?!
S’agirait-il alors d’une victoire à la Pyrrhus ? Car où, hier, le phallus forniquait ; aujourd'hui, le robot formate. De l'un à l'autre, le progrès n'est donc pas allé dans le sens qu'on aurait pu croire : le phallus, tout bête qu'il fut, donnait la vie (il la donne encore, bien que l'humain, désormais, puisse se concevoir in vitro) ; le robot dévitalise tous ceux qui l'approchent.

8 - Jadis, les saillies du phallus étaient tant bien que mal contrôlées, disciplinées par la morale… sous la haute autorité des religions. Police si lourde que notre modernité s’évertua à la désarmer, puis à l’éliminer, sans lui trouver de supplétif. Voici qu’aujourd’hui, c’est le robot qui fait religion !
Rappelons que la religion consiste en une croyance commune qui permet à une communauté humaine de vivre ensemble et d'avancer... ou de reculer. La religion matérialiste de la postmodernité occidentale est régressive ; elle ramène l'humain à l'enfance en le gavant de ses marchandises. Cette religion consumériste est, elle aussi, priapique. Le désir ou, plus exactement, les envies des consommateurs sont perpétuellement en éveil, enchaînant (sic) les demandes et les frustrations. Don Juan, dernier seigneur à s’être mesuré au défi d’Éros, a accumulé les conquêtes, stimulé par un désir insatiable. Il a fini sa course dans un brasier… La société de consommation - qui obéit désormais aux dérégulations de l’hyper-libéralisme mondialisé - semble vouée à une fin apocalyptique. Elle réaliserait ainsi la prédiction des saintes
Écritures qui s’achèvent effectivement par l’Apocalypse... De Don Juan - héros de fiction - à la société de consommation, un aristocrate déchu fit lien à la fin du XVIII° siècle et inaugura le genre des anti-héros : le marquis de Sade. Pour cet antéchrist déclaré, pour ce prophète - ou imprécateur - de l'ère technologique, l'homme-mâle devient un Priape enfin libéré de sa malédiction qui se livre sans frein et sans vergogne à l’appétit de son sexe. Qui oublie que le désir ne rend humain que si on apprend à le sublimer.

9 - Alors ! Pour nous ressaisir, considérons le Priape d'Aureilhac. Admirons la noblesse du geste. La robe est soulevée pour laisser apparaître le membre fondateur. Apprécions et rions. Non pas du rire grossier qui est de règle pour les paillardises de fin de banquet, ni le rire gêné qui sert d'exutoire aux spectacles pornographiques. Rions d'un rire libéré, comme le fit Pier Paolo Pasolini mettant en film les contes érotiques du Moyen Age. Le sexe donne la vie ; mais l'amour est affaire de cœur ou, plus précisément, de tête. Mais, au fait, où est donc passée la tête du notable priapique d'Aureilhac ? Nos aïeux chrétiens l'auraient-ils également fracassée ? A bien regarder, cette statue semble avoir été fabriquée en quantité stéréotypée et conçue pour recevoir des têtes personnalisées. A nous, par conséquent, de lui attribuer la tête que nous souhaiterions aux amants sublimes, nos prochains.

Alain GAS, septembre 2008

(1) Alain Gas, cévenol de naissance, possède de nombreuses cordes à son arc : historien de formation, photographe de profession, et écrivain par passion.

Remerciements à Alain GAS et Philippe Tiébot

Voir le site : www.arpaillargues-aureilhac.fr/

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