16.05.2012
Réimpression du livre :"Lou parage d'Usès/Le pays d'Uzès" - Edition bilingue
L'édition 2009 du livre consacré au poète félibre de Sanilhac, Albert ROUX étant épuisée et la demande encore présente, Histoire et Civilisation de l'Uzège a décidé sa réimpression. (Voir Bon de commande <= Cliquez dessus pour l'activer)
Né et mort à Sanilhac le 10 mai 1871 (mort le 8 juillet 1935) il n’a quitté son village qu’entre 1915 et 1918. Tout au long de sa vie, il a écrit des œuvres qui font maintenant partie du patrimoine littéraire de l’Uzège.
Après celui paru en 1985, cet ouvrage marque une nouvelle étape dans la redécouverte d’une production abondante et variée. Les thèmes sont foisonnants et un esprit tant soit peu exercé n’aura pas de peine à les percevoir au fil des pages.
Le plus attachant sans doute est celui qui se rapporte à la vie quotidienne uzétienne entre 1905 et 1930. A. Roux relate les événements, petits ou grands, qui touchent le quotidien de la cité se répercutent dans les localités voisines. Nous voyons bien la mutation de la grande foire de la Saint-Firmin entre ces deux dates ainsi que les réalisations spectaculaires comme l’ouverture d’un cinéma-théâtre ou les travaux d’urbanisme qui modifient l’aspect de la ville.
Un groupe de conscrits devant le " TIVOLI " (Aujourd'hui le restaurant "Le 80 jours")
Photo publiée dans llivre avec l'aimable autorisation de Jacques Roux (Collection personnelle)
Poète, passionné d’archéologie, libre-penseur, pacifiste, humaniste, autodidacte, il fut aussi le fondateur du Musée Municipal d'Uzès en 1910. Félibre, à l’instar d’Antoine Bigot, il s'exprima toujours dans la langue du terroir sans vouloir se plier aux règles de la graphie mistralienne. Ses contes et ses poèmes, publiés dès 1900, sont un florilège dédié à la gloire de son pays d’Uzège.
Il collabora à plusieurs journaux et revues qui firent paraître : en 1900 "Belugeto", en 1905 "Toun Noum", en 1912 ; "Charadissa Historica" (où il exalte les beautés d'Uzès). En 1925, dans les colonnes du journal "L'Eclair", il publia "Cacha Fio", (une évocation poétique des veillées de Noël d'antan).
Puis, il apporta sa collaboration à Georges Gourbeyre dans sa célèbre revue "La Cigale Uzégeoise" qui connait une renaissance depuis maintenant 2 ans (n°0 de la Nouvelle Cigale Uzégeoise en janvier 2010). En 1927 il fit paraître « La Proufetesso dou temple druidique d'Uzès" ; en 1928 « Sent Firmin et li Miasset » - (Evocation de la chaude ambiance de cette foire historique), en 1929 : "Cigalo et Miéjour" et en 1930 : "Euréa, la pithio Galouéso ".
Mais, en grand mainteneur de la langue d'Oc et des traditions populaires du terroir, et en collaboration avec son ami Albert Hugues de St Geniès de Malgoirès (grand mainteneur lui aussi et Uzétien de cœur) ils publient en 1914 : " Le Folklore du Parage d'Uzès", ouvrage dans lequel sont rassemblés : les coutumes, les jeux et les fêtes, les vieux contes populaires, les vieilles chansons et les vieux dictons, la vie au village etc…
La suite de cette enquête ethnologique paraîtra en 1918 dans un 2ème fascicule, et en 1920, dans le Bulletin de la Société d'Etude des Sciences Naturelles de Nîmes.
Une vie entière consacrée au culte de l'amitié, du souvenir et de la tradition en terre Uzégeoise.
Albert Roux en 1915
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26.04.2012
Conférence : Les poilus d'Uzège-Gardonnenque dans la Grande Guerre
La Commission Archives et Patrimoine de l’Association des Amis du Musée vous invite à une conférence sur le thème : « Les poilus d'Uzège-Gardonnenque dans la Grande Guerre ». Elle sera animée par Michel Gratier de Saint Louis, enseignant retraité, qui a réalisé un travail inédit et très documenté sur ce territoire.
Plus d’un demi-millier d’hommes, jeunes pour la plupart, sont « morts pour la France » sur les champs de bataille de France et d’Orient.
Nés dans les cantons ruraux d’Uzès et de St Chaptes pour la grande majorité d’entre eux ils constituèrent le gros des troupes de l’infanterie. Présents sur l’ensemble du front occidental ils moururent surtout entre Argonne, Verdun et Woëvre. S’ils moururent tout au long du conflit, ils furent particulièrement nombreux durant les phases de « guerre de mouvement » notamment en 1914. Le canton de St Chaptes paraît avoir payé un tribut proportionnellement plus élevé que celui d’Uzès.
Mais, au-delà du recensement des morts, il faut aussi comptabiliser les veuves et les orphelins désormais reconnus « Pupilles de la Nation ». Le bilan est très lourd. Et, devant l’énormité du sacrifice consenti par les poilus, les familles endeuillées, les survivants, les autorités, la Nation toute entière, se sentirent obligés de célébrer ce sacrifice.
Monument aux morts de Saint Victor les Oules
Cette commémoration s’est matérialisée par l’érection, dans le plus humble village ou la grande ville, selon les moyens financiers de chacun, d’un monument, d’une stèle ou d’une simple plaque.
Cette conférence aura lieu jeudi 26 avril 2012 à 18 h à la salle des Archives au 1er étage de l’Evêché à Uzès (Entrée libre et gratuite)
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23.04.2012
HCU - Bulletin n° 122
Sommaire :
- Le mot du Président : A propos de fèves.
- Cabane en pierre sèche remployant des meules de moulins à Montbazin (Hérault) par Christian Lassure
- Un patrimoine d’Uzès en danger ! Deux monuments en danger : le pont roman sur les Seynes et le gibet sur le chemin de Justice
- Quelques notes sur l’exploitation des mines d’argile réfractaire à Saint Victor-des-Oules
- Compte rendu de la conférence de Colette Dumas sur Dhuoda
- Compte rendu sortie au Musée lapidaire d’Avignon
- Compte rendu de la visite au Moulin d’Uzès (huile d’olives) et à Bornègre
Adhésion à l'association :
- individuel : 13 €
- couple : 20 €
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11.04.2012
Dhuoda, sa vie, sa personnalité par Colette DUMAS
Si l’on en croit Eugène Germer-Durand (1) le nom de Bertille inscrit sur l’épitaphe (2) qui se situe sur les restes de l’abside droite de l’église Saint Génies à Uzès serait une des proches compagnes de l'infortunée de Dhuoda :
« V KALENDAS : MADI OBIIT BERTIL
LE BON (AE) MEMORIA (E) IN DOMINE
« Le cinq des calendes de Mai est morte dans le Seigneur, Bertille, de sainte mémoire. »
Cette inscription n’est pas la seule preuve de l’existence de Dhuoda à Uzès. Lors de son exil auprès de l’évêque Elephantus, elle a écrit ce que l’on considère comme le premier manuel d’éducation à l’usage de ses fils dont elle était séparée.
C’est pour parler de cette femme que Colette Dumas est docteur en histoire de l’art a choisi de nous parler de cette première femme écrivain, Dhuoda, une femme de la Renaissance carolingienne.
Voici un extrait de l’avant-propos qui situe très bien le destin à la fois tragique et grandiose d’humanité de cette princesse :
« Dhuoda » - Ce nom donné à une rue d’Uzès, est aussi celui d’une rue et d’un lycée de Nîmes. Nom sans âge, étrange, qui éveille la curiosité. On le trouve au hasard d’une lecture sur l’histoire des deux villes : c’est celui d’une carolingienne du IXe siècle qui a rédigé à Uzès un petit manuscrit intitulé « Liber manualis », soit «Manuel». Si nous nous y intéressons particulièrement dans notre région, c’est grâce à la découverte à Nîmes vers la fin du XIXe siècle d’une copie de manuscrit datée du Xe ou XIe siècle, hélas fragmentaire et détériorée. Fort heureusement, Édouard Bondurand, un archiviste de la ville, s’est attaché à déchiffrer l’écriture en minuscule caroline alignée avec soin sur les pages du parchemin. Il en a fait la traduction du latin au français afin de le mettre à la portée de tous. Un autre travail de fourmi, de comparaison avec une autre copie de manuscrit de datation ultérieure (XVIIe siècle) conservée à la Bibliothèque Nationale de Paris, lui a permis d’en combler les lacunes. Il a ainsi tenté de s’approcher au mieux du texte de l’original disparu, celui dicté par Dhuoda à un clerc nommé Guilbert, Wislabert selon les traducteurs.
Le Manuel pour mon fils est un précieux outil pour affiner les connaissances des historiens sur cette époque tumultueuse qui voit l’éclatement de l’empire de Charlemagne. En effet, Dhuoda y fait allusion aux troubles historiques survenus au cours de sa vie. Par ailleurs, c’est un touchant témoignage humain puisqu’elle y apparaît avec une sincérité et une grande dignité et, sous couvert de « miroir » moral, elle s’y exprime sans pathos, humblement et avec des mots mesurés qui cachent par pudeur un pur amour maternel frustré et, parfois, un grand désarroi personnel….
…Par ailleurs, la vie tragique de cette femme remarquable a inspiré tout naturellement les érudits de notre région et même éveillé parfois quelques fantasmes chez les romanciers. Où est la vérité ? Nul ne le saura jamais. Tout semble dit, écrit, publié, mis à la disposition de tous. Y a-t-il encore quelque chose à rajouter ? Et, pourquoi pas ?
Hantée par Dhuoda, j’ai flâné dans la ville d’Uzès à la recherche de traces des édifices où elle a vécu. À ma grande déception je n’en ai pas retrouvé car le passé architectural de la ville les a recouvertes de ses strates : À la cité épiscopale primitive du Ve siècle a succédé au moyen âge le quartier canonial de l’évêché autour de la cathédrale Saint-Théodorit flanquée de sa tour en dentelle du joli nom de « Fenestrelle ». En vis-à-vis vers l’ouest, le castrum primitif seigneurial d’Ucetia n’est plus. C’est maintenant le « Duché » avec sa tour Bermonde et deux autres tours, celle de l’évêque et celle du roi. Mais encore aujourd’hui, vers l’est, une fois les édifices romans dépassés, c’est la nature. J’ai tenté d’y retrouver l’esprit de Dhuoda dans son face à face avec les douces collines qui bordent la vallée de l’Eure…. »
(1) Professeur au Collège de l’Assomption (Collège Feuchères en 1920) en 1848, il devint aussi directeur de publication sur le journal lancé à Nîmes en 1848 par le P. d’Alzon, « La Liberté pour tous» et, de même, « La Revue de l’Enseignement chrétien ». A la passion de l’étude, M. Germer-Durand joignit celle de la recherche archéologique et bibliographique. Il fut membre de l’Académie de Nîmes, participa au Comité d’Art chrétien et fut choisi comme bibliothécaire de la ville.
(2)Cette inscription encore visible se dégrade de plus en plus et sa disparition est programmée si rien n’est fait pour sauver ce qu’il reste.
Vous pouvez vous procurer ce livre en le commandant à Lucie éditions ou par une simple demande par l’adresse mail de ce blog (prix : 12 € + frais d’envoi 2,40 €)
Les ruines de l'église Saint Génies à Uzès
13:47 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.02.2012
Un vague de froid et ses ravages...en 1820
Le spectacle qu’offre le Gardon à hauteur du Pont Saint Nicolas en ces matins de fortes gelées m’a inspiré ces recherches sur les hivers mémorables.
Je passerai rapidement sur les derniers hivers du XXe siècle qui ont marqué notre région par l’intensité de leur rigueur :
- Février 1956, qui, avec des températures approchant les -20 °C en plaine, a vu le gel de tous les oliviers.
- L'hiver 1962-1963 fut remarquable par la persistance du froid. Il est considéré comme le plus rude de ce siècle même si les records absolus de froid furent plus fréquents en février 1956.
- Janvier 1985 se caractérise par une vague de froid exceptionnelle qui s'est généralisée sur tout le territoire au cours des deux premières décades du mois. Ce froid est à l'origine de nombreux records battus dans la région (-12° à -13° à Uzès).
De mémoire, la dernière fois où j’ai vu le Gardon gelé, c'était en 1985.
En remontant le temps, je vous invite à lire les expériences et observations sur le froid de janvier 1820 faites par le physicien et naturaliste Louis-Augustin D'Hombres-Firmas (1) natif d'Alès :
"…Beaucoup de pommes de terre se sont gelées dans les granges. La fermentation s'en est suivie, et il a fallu les jeter. Aussi, à l'époque de la plantation, elles ont été trois fois plus chères qu'à la récolte….
….Les bois de chêne vert semblaient brûlés, leurs feuilles jaunes et desséchées sont tombées, lorsque le mouvement de la sève s'est manifesté.
Nous avions cru que tous les figuiers seraient morts, plus de la moitié ont repoussé des principales branches, quelques-uns du pied. L'espèce dite de Versailles semble avoir le plus souffert, et la blanquette est celle qui a le mieux résisté. Dans quelques communes de ce département, les figuiers sont très nombreux; ces arbres n'exigent point de culture, leurs fruits, qu'on fait sécher, sont un objet fort important…..
….Le 10 janvier, les troncs d'un grand nombre de mûriers éclatèrent tout du long avec bruit. Nous remarquâmes que les fentes qui avaient de quatre à dix millimètres de largeur, étaient toutes tournées vers le midi, sans doute parce que le bois est plus lâche, et que la sève était plus abondante de ce côté que du côté du nord, qu'en se gelant elle rompit les vaisseaux et les fibres végétales….
….La profondeur à laquelle a pénétré la gelée variait selon les terrains; je l'ai trouvée de 25 centimètres dans une terre à blé argileuse; de 3o, dans une autre; de 26, dans une prairie artificielle, non arrosée; de 22, dans un pré sablonneux; de 18, dans un jardin, etc. Je ne donne ces résultats que pour des à-peu-près. J'ai mesuré de la glace de 14 et 36 cent, d'épaisseur prise dans des fossés.
Je n'avais jamais vu le Gardon d'Alais gelé. On ne peut l'attribuer ni à sa rapidité, ni aux sels ferrugineux qu'il tient en dissolution. La source abondante de Lalour à une lieue d'Alais, qui l'alimente en bonne partie, élève et soutient sa température au-dessus de zéro. Après un cours d'environ deux lieues, les eaux du Gardon d'Alais se réunissent à celles du Gardon d'Anduze plus refroidies et qui charrient à des degrés de froid moindres que celui de celte année; peu après leur confluent, la rivière était tout-à-fait prise et la glace assez forte pour passer dessus avec des bêtes chargées.
Le vin s'est gelé dans quelques celliers, il y a eu beaucoup de dame-jeannes (2) cassées par la dilatation de la glace.
Dans la nuit du 10 et les jours suivants, je fis geler du vin sur ma fenêtre. L'esprit-de-vin concentré au centre du glaçon, me parut très-fort, je n'en eus pas assez pour l'essayer à un aréomètre.
Du vinaigre se congela en l'exposant quelques moments à l'air. Je fis geler de l'eau sucrée, .divers sirops, de l'eau-sel, etc.
Le 11, il y avait quelques glaçons dans mon écritoire…"
Sans vouloir tirer de morale, je dirai que l'histoire nous apprend à relativiser le présent.
Extrait du journal de physique et chimie naturelle – Mémoire sur la Température du mois de Janvier 1820 par Louis-Augustin D'Hombres-Firmas (1) - Août an 1820. Texte modernisé au niveau de l'orthographe.
(1) Baron Louis-Augustin D'HOMBRES-FIRMAS, né à Alais, le 6 juin 1776, décédé le 5 mars 1857, membre correspondant de l'Institut de France et de plusieurs autres sociétés savantes. Il était l’arrière-neveu de l'abbé de Sauvages et fut Maire de Saint-Hippolyte de Caton en 1813
(2) En référence à la reine Jeanne 1ère de Naples et comtesse de Provence, la dame-jeanne est bonbonne qui sert à la conservation et au transport des aliments, des boissons ou autres liquides. Pour le vin, elle est en verre et ne comporte pas d'anse.
20:47 Publié dans Patrimoine mémoriel | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : louis-augustin d'hombres-firmas, pont saint nicolas, gardon, gelée, hiver, température










